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La mésaventure d'un couple de médecins à Constantine



La mésaventure d'un couple de médecins à Constantine
Une virée à Cirta qui s'est transformée en cauchemar
Trois jeunes ont intercepté le couple pour le délester, sous la menace d'armes blanches, de tout ce qui était en sa possession.
C'est une véritable mésaventure que celle vécue par le couple de médecins Taziboua Madjid et Taziboua née Saïdoune Lydia, à Constantine. Leur déplacement dans cette wilaya pour permettre à Mme Taziboua, médecin résident, spécialisée en neurochirurgie de passer l'examen national en spécialité qui devait se dérouler du 17 au 21 juin à l'hôpital Ibn Badis, s'est transformé en véritable cauchemar.
Trois jeunes ont intercepté le couple pour le délester, sous la menace d'armes blanches, de tout ce qui était en sa possession.
Résultat des courses: tout le travail de recherche effectué depuis plusieurs années et stocké dans les supports électroniques et le micro-ordinateur du couple a été gâché. La dame rate son examen et n'a plus avec quoi préparer le rattrapage le mois de septembre prochain. A cela, il faut ajouter le préjudice moral causé aux victimes.
«Le matin du 17 juin, soit au premier jour de l'examen, on s'est présenté à l'hôpital. Ma femme doit y rester quatre heures, le temps que durera l'examen. J'en ai profité pour faire une petite visite autour du Monument aux morts. C'est un lieu merveilleux. Un site historique», raconte M.Taziboua Madjid, médecin résident en spécialité chirurgie cardiovasculaire.
Cette visite lui a permis de constater que les lieux étaient sécurisés. «Deux véhicules de police en plus d'agent en civil avec des talkies-walkies étaient là», note-t-il. Rassuré, il est retourné dans l'après-midi en compagnie de son épouse pour lui faire découvrir le site et prendre des photos qui immortaliseront l'instant. «Quand on est revenus, au Monument, pour prendre des photos, il y avait une table en marbre, taillée d'une sculpture représentant une carte géographique de la région. On y a déposé nos objets: un sac à dos portant un micro-ordinateur portable et tous nos documents administratifs, les cachets de médecins, supports électronique de documents, un cartable contenant des livres sur lesquels ma femme devait réviser ses cours d'examens...», dit-il.
Sur sa lancée, notre interlocuteur poursuit: «En ce moment, on a remarqué trois jeunes qui nous suivaient. A un certain moment, ma femme s'est aperçue que c'était agaçant. Au moment où elle m'a alerté, ces jeunes ont contourné l'entrée principale du Monument en enjambant la barricade en fer et se sont dirigés droit vers nous.».
Les agresseurs sortent alors des couteaux. Deux jeunes ont pris en otage la femme pour lui demander ses objets de valeur. Elle leur a donné tout ce qui était sur elle. Le troisième a braqué M.Taziboua qui leur avait remis tout ce qui était sur lui: les téléphones portables notamment.
Non contents de cette «moisson», les agresseurs ont pris même les bagages qui étaient déposés sur la table avant de prendre la fuite.
«J'ai tenté de leur demander de me rendre le cartable contenant les livres et alerté ensuite les policiers qui étaient à quelque 10 mètres des lieux de l'agression», a ajouté amèrement notre interlocuteur, ajoutant que ce qui l'intéressait était de récupérer au moins les livres et le micro-ordinateur où sont stockés leurs travaux depuis quatre ans.
M.Taziboua raconte aussi sa mésaventure avec la police de Constantine dans laquelle «je n'ai pas perçu une volonté d'arrêter les agresseurs et à un moment donné, l'un d'eux m'a dit, ironiquement, qu'il ne faut pas parler en Kabyle quand vous marchez dans la rue». «Le lendemain, j'ai parcouru le même chemin avec les policiers qui m'ont abandonné au milieu du chemin», dénonce-t-il encore.
Une fois à Alger, la victime s'est déplacée à la Dgsn pour déposer plainte. Sur place, elle est informée que l'affaire concerne l'Inspection régionale de la police (IRP) de Constantine. «Ma femme a le rattrapage au mois de septembre prochain, mais on a peur d'y retourner», conclut-il. Voilà donc comment des voyous peuvent vous gâcher un travail de recherche de plusieurs années durant lesquelles vous passez des nuits et des nuits blanches.


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