Le 16e acte de la marche populaire hebdomadaire à Constantine aura été celui de la réaffirmation. Une manifestation grandiose, qui a démenti toutes les prédictions de fléchissement du mouvement, après un mois de carême éreintant où l'on avait ressenti un léger relâchement de la mobilisation citoyenne, laquelle a été maintenue tout de même dans les conditions improbables du jeûne dans un climat particulièrement torride.Une marée humaine rarement égalée en termes de volume et de nombre de participants depuis le 22 février dernier, qui a fait preuve d'une résolution à toute épreuve et surtout d'une ferme détermination qui s'est déclinée à travers des mots d'ordre plus incisifs qui n'ont ménagé aucune figure du système politique en place. Particulièrement ciblé par les manifestants de toutes les obédiences, le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, aura essuyé le gros lot des slogans inamicaux.
Rejetant la feuille de route suggérée à travers ses multiples interventions, Gaïd Salah est pointé du doigt par des manifestants qui n'hésitent plus à crier à la duperie. "El djeïch dialna wa el Gaïd khan'na" ? qui veut dire en substance que l'armée nous est acquise mais Gaïd Salah nous a dupés ? a été le slogan phare de ce vendredi, jalonné, il est vrai, par "AGS dégage". Et, curieusement, les défenseurs du chef d'état-major de l'armée, qui se sont plus ou moins fait entendre durant les dernières marches, se sont littéralement éclipsés hier.
Aussi, au moment où l'on s'attendait à une réaction populaire des plus vives au discours du chef de l'Etat par intérim, prononcé la veille, le premier après l'annulation par le Conseil constitutionnel de l'élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain, une indifférence quasi totale par rapport à cette sortie du premier homme de l'Etat a été observée par les marcheurs constantinois. Une manière à eux de signifier leur détachement vis-à-vis d'un acte considéré comme un non-événement complètement décalé des aspirations et attentes populaires exprimées par les millions de personnes qui battent le pavé depuis plus de cent jours.
Abdelkader Bensalah n'aura droit en définitive qu'au traditionnel slogan l'invitant à dégager au même titre que le gouvernement Bedoui. Un autre slogan a cependant fait son apparition en ce premier vendredi de l'après-Ramadhan : "Ça y est, c'est bon, echaâb président", lequel a résonné par intermittence le long du parcours traditionnel emprunté par les marcheurs à travers les principales artères de la ville. Et, là aussi, l'expression est on ne peut mieux révélatrice d'une détermination sans faille du peuple, celle de reprendre en mains son destin.
Kamel Ghimouze
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Ghimouze
Source : www.liberte-algerie.com