Photo : Riad
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Les marchés des fruits et légumes flambent à Constantine. Une situation qui fait encore dégringoler le pouvoir d'achat déjà au plus bas. Du coup, les citoyens ne peuvent que constater impuissant cette anarchie causée par des spéculateurs et autres alibi «climatiques», même si des observateurs récusent ces raisons. «On s'approvisionne ainsi auprès des grossistes. C'est leur évaluation, on ne fait qu'ajouter notre marge bénéficiaire», déclare un vendeur qui demeure cependant optimiste dans un sens puisque, selon lui, les prix vont certainement retourner à la normale. Mais «la normale» dont on parle est perçue par les plus sceptiques comme un leurre, car, à titre d'exemple, même si le prix de la pomme de terre qui a atteint des sommets baisse, il sera toujours assez élevé pour saigner les bourses moyennes.Chaque matin les ménages font deux fois le tour des marchés pour essayer de trouver des produits relativement abordables. Le mot est donné. Les légumes maintiennent la mercuriale brûlante. La direction des contrôles des prix avoue qu'il existe un dérapage dans les prix. C'est une réalité vécue depuis longtemps et aggravée par les dernières intempéries qui ont touché le pays. Les cueillettes avaient observée une halte en raison des gelées et du froid, et les stocks de produits disponibles ont été consommés. Cette disproportion a fait augmenter la demande face à une offre limitée. C'est la raison de cette frénésie dans les souks, avancent les officiels. Mais la réponse ne convainc pas.Ne peut-on donc que se résigner devant la mainmise des spéculateurs qui régulent l'offre selon leur bon vouloir, au nom de la liberté des prix ' Car, les brigades de contrôles n'ont aucune prérogative pour remettre en question la liberté des commerçants de fixer les prix des produits qui ne sont pas subventionnés par l'Etat. Elles ne peuvent que constater la flambée des cours. «Dans pareille circonstance, c'est l'Etat qui devra intervenir pour réguler le marché en optant temporairement pour l'importation comme cela se fait partout dans le monde», note une source proche de le Direction du contrôle des prix et de la qualité. Ainsi, les marchés ne devront pas voir leurs mercuriales revenir à des niveaux plus abordables en ce qui concerne le prix de la pomme de terre sans le bon vouloir de la spéculation, sauf si les pouvoirs publics réagissent et trouvent la solution tant espérée et attendue.
Une lecture introduit cependant un autre paramètre quant à la flambée du prix de la pomme de terre, du moins pour Constantine. Certains spécialistes affirment que la région ne s'investit pas trop dans la production de ce tubercule qui est devenu hors de prix. La Direction des services agricoles (DAS) de la wilaya est appelée à élaborer une politique pour intéresser les agriculteurs à priser davantage la culture maraîchère. Cette recommandation est approuvée en partie par la Chambre de l'agriculture. En fait, de par la nature du sol constantinois destiné à l'agriculture, il existe des cultivateurs qui changent «de créneau» chaque année. Pour cela, des causes : la superficie dégagée pour la production maraîchère demeure timide et n'entre en exploitation qu'en saison, printemps et été. Les caractéristiques du sol n'offrent pas une grande latitude pour y développer la culture de la pomme de terre.
Pas plus de 500 hectares pour la pomme de terre annuellement
«On dispose de pas plus de 500 hectares pour ce genre de culture. Les terres sont argileuses et lourdes et freinent donc, voire découragent, les exploitants à y cultiver de la pomme de terre» qui a besoin d'un sol plus léger, explique un membre de la Chambre d'agriculture de la wilaya. C'est pourquoi Constantine s'approvisionne en ce produit le plus souvent des régions du sud et de l'ouest. Cette situation perdurera sans nul doute tant des retenues collinaires et des extensions des terres agricoles aptes à la culture de la pomme de terre ne sont pas réalisées. Ce sera un atout pour augmenter la production. Selon un observateur, pour booster l'agriculture maraîchère dans la wilaya de Constantine, la DSA devra dégager un plan d'action spécial pour d'abord intéresser les agriculteurs à ce type de culture et les aider ensuite en les accompagnant par un encadrement et des conseils techniques.En attendant la concrétisation de ce plan, s'il est toutefois dans les tuyaux de la DAS, la Direction du commerce comme les responsables agricoles préconisent l'augmentation des capacités de stockage. «On ne comprend pas pourquoi certaines parties ne veulent pas adhérer au processus établi
par la tutelle qu'est le Syrpalac», s'interroge-t-on.Aux dernières nouvelles un compromis serait en phase de concrétisation pour rétablir la mercuriale. Tout au moins, si les conventions qui s'effectuent entre grossistes et producteurs de la pomme de terre se confirment, la problématique des prix serait résolue. A en croire des sources proches de la Chambre d'agriculture, des pourparlers ont été amorcés à l'ouest pour trouver une solution acceptable pour toutes les parties dont le consommateur évidemment. Faire tomber les prix et, si ce n'est neutraliser, brider au moins l'activité des spéculateurs demeurent la seule alternative pour avoir un marché relativement bien approvisionné et régulé. Pour l'heure, la pomme de terre est toujours à 100 DA, et les autres produits suivent la même tendance haussière.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com