De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Les services de la direction de l'action sociale (DAS) comptent beaucoup sur l'appui des pouvoirs publics afin de disposer de plus de moyens en agents et cadres qualifiés (ressources humaines régénérées), ainsi que de moyens de transports notamment. Une demande qui intervient compte tenu du tissu social actuel complexe de par les diverses formes de malaises qui minent une société défavorisée, en détresse avec notamment un nombre impressionnant de personnes handicapées nécessitant une prise en charge adéquate et digne.
La direction de l'action sociale de Constantine se démène pour apporter une assistance somme toute «honorable» aux franges défavorisées. Ce n'est malheureusement pas le cas pour la majorité des créneaux confiés à ce secteur névralgique en perpétuelle quête de ressources, étant donné le rush incessant des personnes affectées par diverses maux du dur quotidien, aggravés de surcroît par la dégradation du pouvoir d'achat et la prolifération de fléaux sociaux ainsi que le délitement du milieu familial. Et le budget qui provient du ministère est parfois insuffisant pour répondre aux demandes multiformes. C'est la détresse exprimée au quotidien par les différents services de la DAS. Bien avant l'ouverture des bureaux, lors des jours de réception, des files d'attentes s'y forment et le brouhaha se répand. Doléances et plaintes montent de toutes parts. Ce sont les handicapés moteurs qui constituent la plus grande masse dans ce monde en difficulté.
«Il faut traiter délicatement cette frange sensible et vulnérable», explique un chef de service dans cet organisme. Et ce n'est pas facile parfois de persuader ces personnes vu le degré d'impatience affiché. «On use de toutes nos forces de persuasion afin de satisfaire les personnes handicapées, et éviter au maximum d'éventuels mécontentements, en leur montrant leur droit comme stipulé dans la réglementation du ministère duquel la DAS dépend», indique-t-il. La wilaya de Constantine compte actuellement, selon les dernières statistiques effectuées par les services compétents, plus de 38 000 personnes handicapées, dont 9 000 présentant une invalidité totale. Toutes bénéficient de leur allocation forfaitaire fixée par les pouvoirs publics (3 000 à 4 000 dinars) et de leur carte. «Certes, nos moyens sont modestes, mais le fait de disposer de sa carte est une bonne chose. Celle-ci permet à la personne détentrice d'être prise en charge par les services d'assurances», ajoute notre source.
Néanmoins, le fardeau le plus lourd dans la gestion des dossiers relevant de la DAS tient au nombre impressionnant indiqué.
Dans ce registre, un travailleur nous confiera que «l'aide étatique ne pourra, à elle seule, contenir tous les besoins de cette catégorie sans implication forte du mouvement associatif et des proches». Cette contribution est loin d'être «optimale» faute d'un tissu associatif solide. Seuls quelques mécènes, issus d'associations, demeurent des donateurs réguliers sans omettre des «donateurs» anonymes. N'empêche que la solidarité que l'on connaît à la population reste toujours la bienvenue pour permettre de résorber le déficit en moyens. Au même titre, la DAS maintient son réseau de solidarité open à longueur d'année. Dans cet esprit, elle a les coudées franches pour conforter ses potentialités d'aide. «Notre action en faveur des personnes souffrantes ne se limite pas à des dates précises. Au contraire il n'y a pas de limite pour aider», ajoutera notre interlocuteur. En plus de sa gestion des crèches et garderies pour enfant, la DAS s'occupe d'un thème sensible. Il s'agit du volet relatif à l'adoption. Sujet délicat car requérant beaucoup de professionnalisme et de tact. La wilaya de Constantine traite, par le biais de la direction de l'action sociale, plus de 40 dossiers parmi la centaine déposée sur les bureaux. Un nombre en croissance depuis que le tabou a été déverrouillé, explique-t-on du côté du service, mettant en exergue le désir des couples à adopter (après la mise en vigueur du décret 92 sur la concordance de nom). «Cette opération appelle une ressource humaine qualifiée s'astreignant au secret professionnel, et c'est aux agents et cadres expérimentés et permanents que cette tâche incombe», précise notre interlocuteur. En clair, une telle mission, qui nécessite des enquêtes minutieuses n'est pas confiée à de jeunes employés entrant dans le tissu du filet social ou provenant de l'Anem. S'agissant des moyens, le personnel actif déplore notamment le manque de véhicules pour effectuer des déplacements en zones enclavées. «Nous espérons bénéficier de quelques voitures pour étoffer notre maigre parc et pouvoir accomplir notre mission d'investigation dans de bonnes conditions sans isoler davantage des personnes en mal de vivre», confie un administrateur. Message lancé notamment aux responsables locaux et au ministère de la Solidarité qui devraient se pencher sur cette problématique «banale», mais importante aux yeux des commissions de la DAS bravant les difficultés liées au transport à Constantine. Et la problématique liée aux ressources humaines n'étant pas du reste de la sollicitation. Les services de la DAS renferment 13 établissements accomplissant chacun une mission déterminée, dont 4 en faveur des handicapés et 3 pour les orphelins.
Avec des structures au Khroub, et le Service de l'observation et de l'éducation en milieu ouvert (Soemo), les interventions semblent avoir atteint une couverture pour le moins satisfaisante de l'avis des responsables. Il est attendu cependant la mise en chantier du projet relatif à la réalisation d'une nouvelle direction, plus grande. De fait les espaces actuels sont devenus quasi inadéquats au fil des années, avec surtout le rush et la multiplication des multiples formes de problèmes. Le chef de l'exécutif a instruit son staff pour dégager une assiette foncière pour réaliser l''uvre. «Le budget est disponible et n'attend que l'espace fixé pour lancer les démarches nécessaires à la construction», affirme le chargé de la communication près la DAS, M. Lamine. R., qui nous fera part, en outre, des projets dont l'organisme a bénéficié : la future création d'un centre régional pour handicapés moteur, à Ali-Mendjeli, le premier du genre à l'Est qui accuse un manque ; Le Samu social et le centre spécialisé de rééducation pour mineurs au Khroub, dont les travaux ont atteint 90% d'avancement, deviendront opérationnels incessamment. Des desseins qui vont assister davantage les diverses missions affiliées à la DAS. Pour peu que la solidarité, essence et ressource principale d'activité propre à cet organisme, soit toujours de mise.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com