Constantine

La culture perd 36% de son budget



La culture perd 36% de son budget
Smaïl Oulebsir, Secrétaire général du ministère de la CultureCe qui est palpable c'est la disparition, austérité oblige, de plusieurs festivals sur les 176 que compte l'Algérie.La rigueur annoncée par le gouvernement dans la gestion des finances publiques a touché presque l'ensemble des départements ministériels. Même les ministères les moins dotés en moyens contribuent à l'effort de rigueur. Il en est ainsi du département de Azzeddine Mihoubi qui voit son budget amputé de 36%. Smaïl Oulebsir, secrétaire général au ministère de la Culture, qui a révélé ce chiffre, hier, dans l'émission «L'invité de la rédaction» de la Chaîne 3 de la Radio nationale, n'a pas voulu céder au défaitisme en relevant que cette coupe budgétaire va encourager le ministère à développer le partenariat avec le privé, dans l'objectif de créer l'industrie de la culture. Sauf que pareille industrie ne prospère que dans une société où l'économie est florissante et réalise des taux de croissance importants.Le ministère, dont ce n'est pas la première tentative, puisque l'idée a germé dans la foulée de la crise de 1986, ambitionne d'attirer des investisseurs nationaux et étrangers pour animer la scène culturelle nationale, moyennant des dividendes. Cette approche, plutôt «naïve», faut-il le préciser ne semble pas prévoir un plan «B» en cas d'échec de l'initiative. Cela n'empêche pas M.Oulbsir de développer le même discours que ces prédécesseurs sur la rentabilité de la culture dans une société qui se prépare à vivre une période d'austérité.L'on apprendra que le ministère de la Culture pense sérieusement ouvrir l'investissement aux privés national et étranger, pour la réalisation de salles de cinéma «multiplex», au moment où les 450 salles obscures que compte l'Algérie sont inexploitées. Sur le sujet, il semble que la situation n'a pas bougé d'un iota, puisque M.Oulebsir a redit exactement ce qu'avait dit l'ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi sur le sujet, à savoir, l'impossibilité pour le département de Azzeddine Mihoubi de prendre le contrôle de ces salles, qu'une ordonnance de 1968 attribue aux APC.En fait, ce qui est palpable pour ce qui concerne la gestion future du secteur, ce ne sont pas ces investissements privés qui ne verront probablement jamais le jour, mais la disparition, austérité oblige de plusieurs festivals sur les 176 que compte l'Algérie. En d'autres termes, la culture va se délester de ce qui fait sa raison d'être. M.Oulebsir révèlera à ce propos qu'une commission installée par le ministre planche sur le dossier des festivals. Ce qui est sûr, c'est que plusieurs manifestations vont disparaître. On ne sait pas combien, mais ce qui est sûr c'est que la culture brillera beaucoup moins en 2016.En fait, à en croire le secrétaire général du ministère de la Culture, ces festivals présentaient quelques défauts, qui tiennent au fait que «nous avons manqué de savoir-faire au niveau des procédures».Les rares vestiges qui resteront des «quinze glorieuses» de la Culture nationale seront les 616 bibliothèques de lecture réalisées par le département, en sus des édifices culturels réalisés dans le cadre de «Tlemcen capitale de la culture islamique», ou encore le nouvel opéra offert par la Chine. Quant à la manifestation en cours, à savoir «Constantine capitale de la culture arabe», ce n'est même pas la peine d'en parler.


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