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La création théâtrale se nivelle par le bas EN L'ABSENCE D'UN RENOUVELLEMENT D'ENERGIES RENOVATRICES



La création théâtrale se nivelle par le bas                                    EN L'ABSENCE D'UN RENOUVELLEMENT D'ENERGIES RENOVATRICES
Photo Riad
Par A.Lemili
Si l'activité théâtrale ne doit se limiter qu'au seul chef-lieu de wilaya parce qu'il s'y trouve un bâtiment conçu en des temps immémoriaux pour ça, il est clair que Constantine jouit d'une scène théâtrale qu'a fortiori les responsables y organisent selon que la conjoncture s'y prête des spectacles. Sauf qu'il ne faudrait pas oublier que la wilaya, c'est aussi douze autres villes même si par habitude l'idée commune au sein des populations, voire des responsables se complait à les considérer comme de petites communes quoiqu'elles sont presqu'aussi denses en habitants et trafic. Mais cette approche (commune) aide à justifier l'injustifiable autrement dit le désert culturel, la promotion de toute forme d'art et plus particulièrement du 4e.Alors tout compte fait, pour une population estimée à plus d'un million d'âmes, douze villes auxquelles il faudrait, par ailleurs, rajouter deux nouvelles-villes (c'est à la mode) dont il faudra prendre en considération le statut en tant que tel autant alors dire qu'il n'existe pratiquement pas d'activité théâtrale même moyennement. Car ce ne sont très certainement pas les représentations données aux forceps à chaque fois qu'est fêté le mois du +++ ou encore les vacances de printemps et la débauche «artistique et intellectuelle» à l'endroit des enfants en matières de spectacles du genre, qui vont donner le change. Bien au contraire ces manifestations ponctuelles n'ont pour résultat que de sur-dimensionner la raréfaction générale parce qu'elles en exacerbent l'intensité. Il semblerait alors à notre sens qu'il serait plus logique d'admettre qu'il n'existe pas de politique réelle en ce sens et qu'il faudrait revoir de fond en comble la question du 4e Art. Du moins le message s'adresse aux ordonnateurs nationaux d'abord et à leurs subordonnés locaux qui ne peuvent que se complaire dans une situation où sont offerts les titres et les prébendes.En l'absence de comédiens, de talents nouveaux pour la simple raison qu'il n'existe aucune formation, les rares émergences sont à mettre sur le compte d'un réseau de relations internes de ceux qui gravitent autour du théâtre et qui en constituent l'architecture humaine visible et invisible, sinon d'affinités, d'absence d'auteurs de textes, ceux qui s'en proclament n'arrêtent pas, sans désemparer, de recycler les anciens en leur liftant mais malgré tout les anciennes pièces ne font plus recette. Il y a une quarantaine d'années, la place même où est situé le magnifique théâtre régional était elle-même une scène avancée en ce qu'elle réunissait d'agréable melting-pot : étudiants, artistes toutes disciplines confondues, intellectuels, travailleurs engagés, syndicalistes, militants d'un parti clandestin (Pags), visiteurs de passage qui n'ignoraient pas qu'il s'agissait bel et bien du c'ur de la ville en ce sens que les lieux ont de vraies racines avec la vieille ville à laquelle est adossée le bâtiment et vue ouverte sur ce qui pourrait être représentatif d'une certaine modernité en l'occurrence la ville européenne. En somme aussi bien le casting que les décors étaient unis presque naturellement.La déshérence actuelle a goût amer, celle d'une inquiétante oisiveté culturelle que, comme par perfusion, n'entretiennent que les manifestations institutionnelles cycliques, elles-mêmes ordonnées par de pseudo créateurs sinon de personnes qui n'ont aucun talent réel et qu'en l'absence de véritables professionnels de l'art, de critiques es-qualité, de journalistes spécialisés, d'un réseau de communication et de moyens d'information, sont propulsés de fait sous les lambris. Des intrus aussi à l'aise côté cour que côté jardin, ils contribueront à perpétuer la médiocrité et plus particulièrement l'enraciner parce qu'elle leur sert et qu'elle est utile à plus haut niveau. Preuve en est l'état végétatif dans lequel se trouve la production théâtrale.
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