Constantine - A la une

La commission d'enquête ministérielle à pied d''uvre



La commission d'enquête dépêchée par le ministère de de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière au CHU de Constantine est à pied d'?uvre depuis la matinée d'hier.Elle devra plancher sur la nature des manquements enregistrés au niveau de cet établissement hospitalier et déterminer les responsabilités des différents intervenants après le scandale des vidéos diffusées jeudi sur les réseaux sociaux témoignant d'une prise en charge chaotique des patients atteints de la Covid-19 dans l'un des services dédiés à l'accueil des malades du coronavirus.
Sur place, l'on apprendra que les membres de la commission d'enquête ont tenu une réunion à huis clos avec le directeur de l'hôpital, qui a duré toute la matinée. Des médecins, des infirmiers, des gardes malades et des agents de sécurité devraient être interrogés par cette commission qui rendra vraisemblablement son rapport à la tutelle dès aujourd'hui.
Des mesures et décisions coercitives ne sauraient tarder et concerneraient plusieurs responsables de cet établissement susurre-t-on dans les couloirs de l'hôpital. Quatre personnes dont un médecin, deux paramédicaux et un agent de service avaient été suspendus à titre conservatoire, vendredi, par la direction du CHU pour avoir abandonné leur poste.
Une atmosphère pesante planait, hier, sur les différents bâtiments du CHU après l'écho retentissant et l'indignation des citoyens provoqués par les vidéos mises en ligne jeudi par des proches de malades. Tous les services dédiés à la prise en charge des malades de Covid-19 étaient fermés. Sur les portails, des affiches sur lesquelles on pouvait lire "unité Covid-19, interdiction d'entrer" sont apposées. Seuls les médecins sont autorisés à y accéder.
La sécurité à l'intérieur de l'hôpital a été visiblement renforcée par la présence de deux policiers et de deux autres agents de sécurité à l'entrée de chaque service. Devant la porte du service de médecine interne ou la vidéo a été filmée, une dizaine de citoyens à qui l'accès a été formellement refusé n'hésitent pas à dénoncer, à leur tour, les conditions de prise en charge des patients Covid-19 dans l'hôpital de la plus grande ville de l'est du pays.
Ils soupçonnent les responsables de l'établissement de vouloir cacher les conditions catastrophiques de prise en charge des malades et qualifient de "mesures irresponsables et arbitraires prises par la direction de l'hôpital", l'interdiction d'accès. Une femme, la quarantaine, dira en larmes : "Ma mère est diabétique, elle souffre d'une hyperglycémie, elle a été contaminée au coronavirus.
Avant-hier, je l'ai trouvée dans un état critique, personne n'est passé la voir, j'ai été obligée d'aller chercher un médecin ou un infirmier dans les autres services. Je les ai suppliés afin qu'ils viennent en aide à ma mère, alors que c'est leur devoir. Avec cette note je ne peux même pas la voir." Une autre femme venue d'El-Harrouch (wilaya de Skikda) s'écrie : "Ma belle-mère est âgée de 82 ans, elle est handicapée à 90%. Cela fait deux jours que je ne suis pas venue. Quand je l'ai vue, j'étais choquée.
Elle était dans un état lamentable, ils ne lui ont même pas changé la protection urinaire qu'elle portait depuis 48 heures. Ils laissent les malades livrés à eux même, ils ne sont pas capables d'assumer leurs responsabilités et maintenant ils nous interdisent de voir nos proches, c'est inacceptable." Devant cette situation, les familles des malades sont contraintes de communiquer avec leur proches à travers les fenêtres.
Pour leur part, des aides-soignants affirment être victimes de plusieurs agressions de la part des proches des malades. Le visage couvert de sang, Leila, une aide-soignante qui venait justement de subir une agression et accompagnée d'agents de sécurité tentait de repérer son agresseur.
"Son père est mort hier matin. Lorsqu'il a appris la nouvelle, il est venu dans notre bureau où je me trouvais avec mes collègues et a commencé à nous traiter de tous les noms. il nous a accusés d'avoir tué son père. Quand j'ai essayé de le calmer, il m'a frappé au visage, heureusement que les agents de sécurité sont intervenus à temps", témoigne-t-elle.

Ines BOUKHALFA
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