Constantine - A la une

La Chine est-elle une opportunité pour l'Algérie '



La Chine est-elle une opportunité pour l'Algérie '
La Chine est devenue le premier fournisseur économique de l'Algérie déclassant le partenaire historique qu'est la France. Ce changement constitue un phénomène d'étude pour les universitaires qui travaillent depuis hier à l'université Abdelhamid Mehri (Constantine 2) «à décortiquer» les tenants et les aboutissants.Dans l'introduction du colloque intitulé : «La Chine en Algérie, entre économie mondialisée et développement local», Adel Abderrezak, enseignant à l'université de Khenchela et chercheur associé au Labecom (Constantine 2), souligne qu'avec des IDE, des entreprises, des flux commerciaux, une main-d'?uvre chinoise mais aussi une géostratégie d'ensemble en Afrique, le désormais géant chinois interpelle et même inquiète les acteurs hégémoniques de la mondialisation et soulève des questionnements importants sur cette intrusion forte dans l'économie mondiale d'aujourd'hui. Les échanges commerciaux ont littéralement explosé, paradoxalement au moment où les deux pays abandonnent la référence au modèle socialiste, au début des années 1990, qui les liait amicalement.Quel est le volume de ces IDE ' Quel est l'impact de ces flux sur l'économie algérienne et par extension, sur la décision politique ' Les informations révélées récemment à l'occasion de la visite du Premier ministre algérien en Chine donnent le chiffre de 790 entreprises chinoises ayant décroché des marchés en Algérie, notamment dans les secteurs du BTPH et de l'import-export. Mais d'abord, ce postulat du colloque, amplifié par les chiffres avancés, est-il fiable 'Or, selon l'intervention de Thierry Pairault, directeur de recherche émérite au CNRS, parmi ces entreprises, environ 700 ne sont pas des entreprises chinoises, mais des personnes morales inscrites au registre du commerce et dont le gérant est de nationalité chinoise. L'intervenant relativise les chiffres officiels sur cette présence chinoise, en démontrant que les produits importés, comme les voitures par exemple, ne sont pas tout à fait chinois, mais en partie européens.Selon lui, les véritables entreprises influentes sont ou bien de droit algérien ou bien travaillent dans l'ombre. En tout cas, il existe très peu d'informations sur ces entreprises. Selon Adel, ces relations ont profité de la décennie noire et de la fermeture de l'Europe à l'Algérie d'une part et d'autre part, du choix du pouvoir algérien de laisser faire «l'économie du cabas», comme l'appelait l'ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, au lieu de confier cela à des institutions et des patrons.Connaître la taille réelle du marchéLes débats engagés pendant la première journée du colloque ont été intéressants et très riches en questionnements. Il faut dire que le sujet rarement soumis à débat emballe aussi bien l'université que le monde économique, d'où le nombre important de demandes de participation au colloque.Les conférenciers se sont penchés sur les thèmes de la migration des Chinois en Algérie, les relations sino-algériennes comme modèle de coopération Sud-Sud, ou encore le cas de deux villes commerçantes, Aïn Fakroun et Bir El Ater, face à l'ouverture économique vers la Chine du point de vue des changements sociaux et des transformations urbaines.De l'avis de tous, les relations sino-algériennes se sont développées en évitant de concurrencer la part de marché des partenaires historiques de l'Algérie, et se sont limitées à vendre aux Algériens des produits bas de gamme destinés essentiellement à la consommation populaire.Pourtant, relève le chercheur Malika Talahite, l'économie chinoise évolue rapidement et offre de plus en plus de produits à forte valeur ajoutée à des prix concurrentiels. Une autre idée qui fait consensus : les relations économiques dépendent des relations politiques et des enjeux internationaux. Deux déterminants qui décideront de l'avenir de ces relations.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)