De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
C'est devant plus de 200 représentants des travailleurs que s'est tenue hier la conférence des cadres syndicaux organisée par la coordination des sections syndicales de la wilaya de Constantine. La Centrale, en ce qui la concerne, a persisté dans sa volonté d'ignorer le gros problème qui pourrit l'activité de la maison des syndicats Abdelhak-Benhamouda, Sidi-Saïd jugeant plus opportun de donner raison à un groupe de vieux syndicalistes qui en régentent, depuis près de quarante ans, la vie. Si tant est qu'il existe dorénavant une vie syndicale avec ces derniers qui ont opté pour les avantages tirés de la rente que du militantisme qui, à leurs yeux et signe des temps également, ne paie plus.C'est d'ailleurs à cette rente qui ne dit pas son nom que s'est attaqué le responsable de l'union locale de la ville de Hamma-Bouziane qui a comparé la Centrale syndicale à «'à une administration. Pis encore une administration avec tous les travers qui lui sont connus». Pour illustrer l'ambivalence de Sidi- Saïd, lequel cultiverait l'art du double langage, un autre intervenant dira : « C'est sur sa demande que nous lui avons remis un dossier où étai recensé l'ensemble des difficultés qui perturbaient le fonctionnement normal de l'union de wilaya. Rassurant, il s'était alors engagé à donner une solution statutaire à l'impasse dans laquelle nous sommes en peine depuis plus de deux années. Finalement, ça n'a été que de vaines promesses. Preuve en est notre rencontre d'aujourd'hui.»En réalité, le dossier constantinois fait littéralement peur au SG de l'organisation des travailleurs parce qu'il le met devant ses responsabilités et comme il ne semble incarner que l'homme, voire la marionnette d'un consensus fragile, il sait fort bien qu'il n'est plus celui par qui pourraient être prises les grandes décisions. D'où, une parade qu'il a choisie, celle de jouer les funambules qui lui permet d'entretenir des équilibres aussi précaires soient-ils, l'essentiel pour lui étant de perdurer à la tête de l'organisation, donc en faisant concession sur concession à ceux face à qui il ne détient plus le rapport de forces du représentant démocratiquement élu et plus particulièrement légitime selon les dispositions statutaires. Cette situation est d'ailleurs superbement illustrée au micro par les propos d'un travailleur : « Camarades, ne vous trompez pas' de secrétaire général à hauteur de la Centrale, il n'y en a plus.»Pour sa part, le secrétaire de l'union locale d'El Khroub, considéré comme un autre bastion du mouvement ouvrier et partant d'un syndicalisme actif et représentatif, dira : «Il semble que l'une des ripostes de la Centrale syndicale consisterait à stigmatiser cette grogne qui dure depuis plus de deux ans à travers une agitation passagère entretenue par un clan proche de Mehdi (l'actuel SUW, ndlr). Les pontes de la place du 1er Mai semblent oublier que l'Ugta a été créée en 1956 et qu'elle n'a jamais eu à confondre sciemment les noms de ceux qui ont fait son histoire, son combat et ses luttes avec le sien. L'engagement de chacun de ceux qui ont consacré leur vie à l'organisation s'est fait au nom d'un idéal et qui plus est devant des forces hostiles encore beaucoup plus puissantes. Comme notre idéal aujourd'hui est de lui redonner son honneur à travers la lutte pour les droits des travailleurs et la préservation de l'outil de travail.»La question qui se pose immanquablement est celle qui consisterait à vouloir comprendre jusqu'à quand la Centrale syndicale pourrait continuer à ignorer le dossier de l'UW Constantine. Un dossier sur lequel la justice a tranché en légitimant l'actuel secrétaire, en l'occurrence A. Mehdi lequel, il
y a moins d'une année a été agressé par une horde de personnes avec à leur tête quelques cadres factieux parmi le groupe
précédemment cité, lesquels ont d'ailleurs été condamnés à 10 000 dinars d'amende et des dommages et intérêts à établir au profit de la victime.Difficile par voie de conséquence de saisir la nature même du mutisme et surtout de l'obstination de Sidi-Saïd devant une situation qui n'aurait, en toute logique, aucune peine à trouver solution pour peu qu'il daigne lui accorder de l'intérêt et permettre enfin la tenue d'un congrès de wilaya qui permettrait la désignation de congressistes légitimes. Mais tout cela semble bel et bien le dépasser comme l'ont considéré à juste titres quelques intervenants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com