
Une menace de grève générale plane sur l'université. Le Cnes fixe un ultimatum de 15 jours au premier responsable du secteur.Le Conseil national des enseignants du supérieur envisage de recourir à une grève générale illimitée si jamais le premier responsable du secteur, Tahar Hadjar, tarde encore à mettre en oeuvre les accords conclus avec le syndicat. En effet, selon Noui Djemaï, enseignant en sociologie politique à l'université de Sétif et membre du Conseil national du Cnes, nous a déclaré que «le Cnes a signé un PV commun avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans lequel ce dernier s'est engagé à répondre favorablement aux revendications des enseignants». Néanmoins, nous a précisé Noui Djemaï, «les négociations sont toujours en cours». «Le Cnes est toujours en négociation avec la tutelle. Mais si les revendications ne sont pas satisfaites, du moins les plus urgentes, à savoir la gestion des carrières des enseignants et le problème des stages scientifiques à l'étranger, dans les jours qui viennent, nous allons convoquer une réunion du Conseil national avec comme ordre du jour, le recours à une grève générale», a-t-il expliqué.Noui Djemaï a déclaré, en outre, que l'administration, à travers son fonctionnement bureaucratique, fait perdre beaucoup de temps au pays. «En tardant à répondre à nos revendications, la tutelle nous fait perdre beaucoup de temps. De plus, entre-temps, l'université s'enfonce dans le chaos. Les enseignants sont confrontés à des problèmes énormes, à savoir les carrières, les stages scientifiques, le fonctionnement et le financement des laboratoires, les habilitations, etc.Pour les soutenances, par exemple, il y a plusieurs chercheurs qui ont déposé leurs thèses et qui attendent depuis plus de deux ans. La bureaucratie tue l'université à petit feu,» a-t-il pesté en soulignant que le fait que «le Comité scientifique de l'université, le Conseil scientifique des facultés, les rédactions des revues universitaires qui, d'ailleurs, sont peu nombreuse, soient sous la coupe des administrateurs est un grand dérapage qui ouvre la voie au népotisme, au clientélisme et à la corruption». «Les Conseils scientifiques, les comités de rédaction des revues universitaires ne doivent plus être sous la responsabilité des administrateurs.Il faut absolument éloigner la science de l'administration», a-t-il recommandé en rappelant que cette exigence est une des vieilles revendications du Cnes.Ces déclarations de Noui Djemaï, membre très influent au sein du Conseil national du Cnes, cadrent parfaitement avec le ton sévère du communiqué émis par ce syndicat samedi dernier. En effet, dans ce document, le Cnes a considéré que «le paternalisme et la non-application des lois dans le cadre de la gestion sont devenus la règle dans les pratiques des recteurs et des doyens des facultés et ce, aussi bien sur le plan pédagogique que sur le plan administratif».Il a également dénoncé les pratiques arbitraires auxquelles sont soumis les enseignants, notamment les syndicalistes, qui sont poursuivis en justice, citant les cas des universités de Constantine, Laghouat, Saïda, Tlemcen, et Naâma. «Les administrations des universités instrumentalisent la justice pour faire taire les syndicalistes. Beaucoup de syndicalistes ont été estés en justice. On veut à tout prix casser le syndicalisme autonome et mettre les organisations syndicales entre les mains de syndicalistes dociles et domestiqués», nous a déclaré Noui Djemaï, Le Cnes s'est, par ailleurs, dit solidaire d'une enseignante à la faculté des sciences humaines et sociales de l'université de Béjaïa qui subit des harcèlements continus de la part de l'administration pour avoir refusé la situation qui prévaut à l'université, avant d'être carrément licenciée. «La tutelle doit intervenir le plus vite possible pour stopper ces pratiques arbitraires et ces dépassements et punir les responsables impliqués,» écrit-on dans le communiqué en effet.Enfin, le Cnes a réitéré son appel récurrent à la démocratisation de l'université pour permettre sa re-dynamisation ainsi qu'à régler les problèmes inhérents à la situation sociale des universitaires, notamment celui des salaires et du logement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar INGRACHEN
Source : www.lexpressiondz.com