Constantine - Revue de Presse

L'opération Bardo se poursuit



Au 3e jour de la complexe opération de délocalisation des habitants du Bardo et plus précisément des résidents du site de Aïn Asker, ce sont plus de 450 familles, si l'on en croit les déclarations de certains responsables chargés de diriger la manoeuvre, au titre de la première tranche, qui ont été relogées à la nouvelle ville Ali Mendjeli. Ainsi, c'est dans une atmosphère, il est vrai, encore quelque peu tendue, et contre vents et marées, que s'est poursuivie, hier, cette grande transhumance dédiée au recasement, et qui, de mémoire de Constantinois, n'a jamais eu son pareil par le passé. A la vérité, ce recasement, qui continue de susciter, jusqu'à aujourd'hui, une forte opposition des habitants du Bardo, aurait pu se faire dans de meilleures conditions, soulignent, en choeur, de nombreux citoyens et la coordination des associations de la société civile, déçus par les contours flous de l'opération. Présents, hier, sur le site du Bardo, ces derniers affirment solidairement que l'opacité qui a présidé, en amont, à l'opération de recensement des habitants concernés, au titre, il faut le rappeler, d'une expropriation pour utilité publique, gravée d'autorité dans le marbre du plan présidentiel de modernisation de la ville de Constantine -le site en question étant destiné à l'érection de «tours et de buildings futuristes» dit-on -, est, sans conteste, à l'origine de tous les contentieux qui se sont amoncelés depuis, dans le ciel du dispositif de délocalisation encore en cours, exacerbant les relations entre la population déplacée et l'administration locale. L'inventaire des dysfonctionnements recensés, jusque-là, et dont la commission de recours présidée par le chef de daïra est en charge de leur trouver des solutions, donnent le ton, cumulant à l'envie les cas: ceux des habitants exclus, sans motifs dûment notifiés, du bénéfice du recasement ou des indemnisations, la présence sur les listes, non affichées, d'indus bénéficiaires que les représentants des gens de Ain Asker affirment ne pas connaître étant donné qu'ils ne sont pas du quartier, les élèves des établissements scolaires éparpillés au beau milieu de l'année scolaire, le gaz et l'électricité coupés alors que l'opération est en cours, etc. et beaucoup d'autres affaires plus complexes et encore pendantes. A la vérité, c'est finalement en aval de l'opération, c'est-à-dire à la nouvelle ville Ali Mendjeli que le mécontentement semble être contenu: le dispositif mis en place et consistant à aider les citoyens à s'installer dans leurs nouveaux appartements n'ayant pas suscité de problèmes particuliers. Le président de l'APC d'El-Khroub, dont dépend territorialement Ali Mendjeli, dûment mandaté par le wali, a dirigé la manoeuvre et mobilisé une logistique appréciable, jusque-là, affirme-t-on. Chargée de l'accueil des familles et des camions de déménagements, une escouade d'agents de cette commune, ainsi que les équipes de l'ADE, de l'OPGI et de la Sonelgaz notamment, est opérationnelle avec une présence obligatoire jusque à 21h, au niveau de l'UV 9 où se trouvent le lotissement dit des 200 logements, celui des 83 logements, les sites de la Sorest, et de GECO. L'enthousiasme est-il pour autant au rendez-vous au coeur de cette opération? Affaire à suivre...
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