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L'insécurité plombe la présidentielle



L'insécurité plombe la présidentielle
A la nouvelle ville Ali Mendjeli, les préoccupations des habitants sont ailleurs l Le premier souci demeure cette ambiance délétère où les stigmates de la guerre des clans entre jeunes de Fedj Er Rih et de Oued El Had sont vivaces.A l'entrée de ce que l'on peut qualifier de labyrinthe urbanistique, un grand cantonnement bleu annonce la couleur ! C'est le QG de la sûreté de la nouvelle ville Ali Mendjeli. D'emblée, d'aucuns pourraient penser que la sécurité y règne en maître. Mais passée cette forteresse, l'underground est visiblement moins «surveillé», a-t-on constaté en ce dernier week-end ensoleillé de campagne.Une profonde tension, notamment dans les unités de voisinage (UV) jouxtant la sinistre et célèbre UV 14, est palpable, contraignant les habitants à limiter leurs sorties de peur de se retrouver pris à partie par une des bandes rivales, annihilant, de ce fait, toute pensée relative à l'élection du 17 avril. D'ailleurs, ce n'est peut-être pas par hasard qu'en pleine campagne électorale, la sûreté de wilaya de Constantine, par le biais de son premier responsable, a annoncé la création prochaine de trois nouvelles structures destinées à la sécurisation de la nouvelle ville Ali Mendjeli.Pour les habitants de cette méga-cité tentaculaire, le maillage sécuritaire demeure une préoccupation majeure et cette annonce constitue sans nul doute un signal fort en direction des pensionnaires de Ali Mendjeli, soumis au diktat des gangs dont les récents accrochages ont généré un climat de terreur et d'insécurité. Comment parler, dès lors, de scrutin dans une ambiance délétère où les stigmates de la guerre des clans entre jeunes de Fedj Er Rih et de Oued El Had sont vivaces ' La ville aux 20 UV aura-t-elle le c?ur au vote ' A moins d'une semaine du scrutin, les préoccupations des habitants sont, il est vrai, ailleurs. Même l'affichage sauvage et offensif entrepris par la nébuleuse des pro-Bouteflika est loin d'intéresser les Mendjelis, blasés par le «déluge» de portraits du candidat absent squattant panneaux de signalisation, immeubles, locaux et arbres, clochardisant davantage cette cité-béton.Un déluge de portraits du candidat absentD'après une source proche de la commune d'El Khroub, «tutrice légale» de Ali Mendjeli, «les responsables de la campagne de Bouteflika ont payé des gens pour inonder la ville d'affiches. Il y en a partout, même sur les panneaux de signalisation et publicitaires. Nous avons d'ailleurs saisi la Cwisel à ce sujet. Après le vote, c'est bien sûr la municipalité d'El Khroub qui aura pour tâche de tout enlever malgré des moyens insuffisants, surtout que la nouvelle ville est immense. Normalement la commune de Constantine devrait apporter sa contribution».Ce qui nous amène à évoquer le problème du statut de la nouvelle ville Ali Mendjeli qui reste toujours posé. Erigée sur les terres d'El Khroub, cette nouvelle ville accueille, depuis plusieurs années, les innombrables relogés de la commune de Constantine. Des habitants qui perçoivent ce conglomérat de béton, à perte de vue, comme une cité-dortoir où le manque d'infrastructures de base a largement contribué à l'émergence de bandes de jeunes dés?uvrés qui ont littéralement pris en otages certaines UV.Evoquer, de ce fait, une élection reste on ne peut plus antinomique dans une cité préoccupée, pour le moment, par l'insécurité ambiante. «Nous craignons de sortir de chez nous, la nuit nous tremblons de peur parce que lors de leurs bagarres, les bandes de jeunes jettent toutes sortes de projectiles à l'intérieur des demeures. Avant la visite du wali (le 3 avril dernier, ndlr), je n'ai pas été au travail pendant plusieurs jours. Nous vivons dans un climat de terreur, c'est horrible. Je préfère de loin le gourbi que j'occupais avant, nous nous y sentions en sécurité, alors que là nous nous retrouvons pris au piège de jeunes délinquants sans foi ni loi», nous a confié une résidente de l'UV 14. «Si tout va bien le jour du vote, j'irai peut-être au marché Ritadj faire du lèche-vitrines», lâche-t-elle, sans évoquer toutefois son intention d'aller voter.


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