Photo : Sahel
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Les auteurs et concepteurs de projets - s'il en existe suffisamment- ne parviennent toujours pas à faciliter et simplifier le fil conducteur menant à une compréhension intelligible du plat présenté au large public. Ce qui laisse indifférents les citoyens, cherchant par-dessus tout et la véracité des faits et un mode «digeste» de transmission. C'est le cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie, et c'est le meilleur moment pour débattre de la manière d'étudier l'histoire et de l'enseigner. Les grilles à l'échelle nationale se multiplient pour marquer l'évènement historique d'un peuple qui aura souffert des affres du colonialisme aveugle et meurtrier. Une entrée en force de toutes les compétences nationales «pensantes» en vue d'exhumer le parcours historique du pays se fait sentir. Et les partis politiques, même ceux nouvellement arrivés sur la scène, s'y associent, ne serait-ce que pour étoffer leur programme. Autrement dit, utiliser la classique et éternelle carte de l'histoire comme un joker.Mais il faudrait penser à l'après-cinquantenaire et dépasser le vieux jeu de la convoitise électorale. Un évènement historique ne s'arrête pas au finish d'une commémoration ou d'une échéance. Ce qui pousserait à l'amnésie. Les pédagogues estiment que le premier maillon de l'appropriation de l'histoire est l'école. Les établissements scolaires, à travers les programmes de l'éducation, doivent être le premier vecteur de diffusion de l'histoire. Mais jusque-là, l'histoire était considérée comme une matière facultative tout juste bonne pour gonfler les notes et compenser les défaillances enregistrées dans d'autres matières au quotient plus important. Ce constat est fait par les enseignants d'histoire eux-mêmes. «Il faudra chercher des ficelles et des vecteurs plus captivants pour intéresser les élèves et même la population et les pousser à se pencher davantage sur leur histoire», témoigne-t-on. Ceci dit, la chaîne de transmission de la narration de l'histoire s'avère de l'avis des spécialistes et pédagogues trop «embrouillée». Elle doit être véhiculée intelligemment, voire de manière ludique pour captiver l'attention.Pour ce faire, l'entrée en action des spécialistes s'impose à plus d'un titre. L'implication se concrétise sur les planches, face au grand écran, dans le monde livresque' Autant de supports et de vecteurs qui peuvent «aiguillonner» la curiosité des citoyens si l'histoire est relayée facilement sans embûches ni «barbarismes». Néanmoins, l'engagement se manifeste timidement. Chaque support diffuse sa propre vision de la thèse pour tomber dans un satisfecit unilatéral. Constantine renferme une histoire des plus riches. Outre son parcours de libération, la cité millénaire a un véritable trésor englobant des siècles d'histoire qu'on n'épuisera certainement pas avec quelques ouvrages ou conférences. On n'a cessé de narrer Constantine, mais il reste toujours des facettes à exhumer et à étaler au grand public. Les responsables de la Culture et de la Communication qui se plient aux programmes officiels devront revoir leur stratégie et leur manière de présenter le diaporama historique. De l'avis d'universitaires et de chercheurs, les pouvoirs publics devraient solliciter et faire participer les compétences spécialisées pour mettre l'histoire à la disposition de toutes les catégories de la société. Mais d'un autre côté, d'aucuns estiment que les historiens et experts sont marginalisés et que leurs travaux et recherches restent confinés dans des cercles et des sphères d'initiés, en Algérie ou outre-mer, et ils n'ont pas les moyens, les vecteurs ni les relais pour faire ce qui est attendu d'eux et débattre du sujet dans des conférences. Une adaptation cinématographique ou théâtrale contribuerait certainement à faire connaître ne serait-ce qu'une partie de ces travaux et permettrait leur diffusion et leur socialisation. Actuellement, les initiatives ne sont pas légion, au grand dam de ces pages d'histoire qui attendent toujours d'être présentées, mais jusqu'à quand '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com