Constantine - A la une

L'énorme déficit d'imagination des adultes



L'énorme déficit d'imagination des adultes
A. LemiliLes années se suivent et se ressemblent pour les petits constantinois, notamment en période de vacances et plus particulièrement celles d'hiver. La marge de man?uvre en matière d'occupation est très réduite en raison des conditions météorologiques pour les vacances d'hiver. Ce qui n'est pas sans poser des problèmes aux familles, ce que nul n'ignore, très souvent nombreuses et majoritairement d'extraction sociale modeste si ce n'est vulnérable. Autrement dit peu de solutions probables autre que la prise en charge la plus plausible qu'est la rue ou éventuellement l'implication des associations. Unealternative qui relèverait toutefois du rêve le plus fou dans la mesure où jamais une quelconque association ne s'est manifestée en ce sens tout au long de ces trente dernières années.Que reste-t-il alors ' La direction de la culture, celle de la jeunesse et des sports et enfin les associations à but lucratif (il en existe à Constantine), bien entendu pour des prestations mitigées, les prix sont inabordables.La direction de la culture est effectivement présente à chaque fois que les enfants sont guettés par l'oisiveté.Ce qui n'est déjà pas négligeable, sauf qu'à mesure que passent les années le peu d'imagination confine ces activités à tout ce qu'il y a de plus rébarbatif pour des enfants qui, du coup, ne sont pas accrochés, voire s'ennuient grandement s'il leur est fait obligation parentale de s'y rendre. Ceci étant, tout ce qui concerne de telles activités est accueilli par l'espace offert par le Théâtre régional de Constantine (TRC), dont le plus gros désavantage est la capacité d'accueil réduite (moins de 500 sièges). Autrement dit, pour une population qui compte plus d'un million d'habitants, les organisateurs ne peuvent que rester loin, bien loin de la demande alors qu'en général n'accèdent aux représentations que les plus chanceux parmi les jeunes invités. Pour ce qui les concerne, et via l'Odej, les maisons de jeunes ouvrent grandes leurs portes aux enfants, à cette nuance près qu'elles n'ont rien en fait à proposer à l'exception de spectacles débiles tout comme la radio locale qui, vaille que vaille, remplit sa grille quotidienne par des programmes malheureusement régressifs et qui ont pour inquiétante finalité de confiner et les auditeurs et ceux parmi les enfants présents dans les studios ou en direct à partir d'autres espaces dédiés aux spectacles à un stade végétatif, compte tenu de la faiblesse des textes et surtout d'un onirisme nécessaire au monde imaginaire qu'aiment se forger ces derniers et tellement nécessaire pour leur sens de la créativité.Meubler une, deux, voire trois semaines de vacances ne relève pasobligatoirement de la performance et encore moins de l'effort mythologique. Et contraindre des enfants à s'enfermer dans des huis clos réputés distractifs,culturels n'est plus, sous d'autres cieux, la solution. Exception faite de ceux qui font le choix de l'utile en s'astreignant à des cours de soutien, il existe tellement de moyens de former encore plus utilement les cohortes d'enfants sans que cela n'exige d'autres moyens que leur transport vers des forêts, montagnes et autres plans d'eau naturels qui leur seraient d'un très grand profit en matière de connaissances plus actuelles de la nature en particulier et la vie en général. Faudrait-il toutefois que ce monde d'adultes, malgré le pullulement d'associations agissant ès qualité selon leurs statuts, maîtrise lui-même cet exercice. Connaître la vie des oiseaux, des arbres, des insectes, faire l'apprentissage aussi sommaire soit-il de métiers artisanaux, connaître comment est né le cinéma, ses techniques et la formidable révolution dans laquelle l'ont plongé les nouvelles technologies, l'histoire du théâtre, comment est conçu physiquement un livre, un journal... n'est-ce pas encore plus instructif que de réciter à s'en éclater les tympans des hymnes à la gloire de la révolution, des versets religieux et/ou chanter des comptines abrutissantes et, sans le moindre effort de création, téléchargées auprès de chaînes étrangères, notamment celles arabes rétrogrades.Pour le moment seule la rue, les terrains vagues et le football non stop constituent le dénominateur commun pour des enfants et qui matérialisent,heureusement, ce qu'ils aiment le plus et leur offrent un exutoire à moindres frais et laissent toute la latitude aux adultes censés réfléchir pour leur confort physique, intellectuel et ludique à leur même et seule médiocrité.A. L.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)