
L'alerte ayant été donnée depuis bientôt une année, voire même plus, des dispositions devaient être prises pour faire face à l'éventuel retour des éléments algériens de l'EI.L'assassinat du policier intervenu vendredi dernier à Constantine a retenti comme un coup de tonnerre dans le ciel serein de la région. Pendant quelques heures, on a imaginé divers scénarii, allant du règlement de comptes sommaire au différend clanique. Mais la revendication du groupe autoproclamé Etat islamique, sur son site Amak, a retenti avec un air de tocsin parce qu'il s'agit d'un attentat qui rappelle les heures sombres de la décennie noire. Ce crime, premier du genre en ces temps de paix et de travail, est revendiqué mais pas par n'importe quelle organisation. Il porte la marque de Daesh, dont on pressentait depuis plusieurs mois les opérations caractéristiques en Algérie.La situation en Libye, en Syrie et en Irak, marquée par le recul de ce groupe dont les éléments, issus de la Tunisie voisine majoritairement, ont pris le chemin du retour au pays natal, incitait à l'anticipation. L'alerte ayant été donnée depuis bientôt une année ou même plus, des dispositions devaient être prises pour faire face à l'éventuel retour des éléments algériens de l'EI, certes à peine 150 selon des sources crédibles, mais aussi et surtout au risque d'infiltration de plusieurs dizaines d'autres nationalités, en particulier à partir des frontières sud du pays.Ainsi, l'armée a-t-elle renforcé ses moyens mobiles et statiques de surveillance et multiplié les dispositifs de contrôle pour contrer les menaces multiples, du terrorisme jusqu'aux activités de crime organisé comme la contrebande et le trafic de drogue et d'armes. Il en a été de même pour ce qui est du renseignement, une pièce maîtresse du programme engagé par l'état-major pour préparer la riposte à toute éventualité.Le drame de Constantine a retenti comme un signal d' alarme, mais c'est aussi un défi et une déclaration de guerre. Désormais, il faut s'attendre, si le retour d'anciens éléments comme Droudkel est confirmé, à une multiplication de ces opérations terroristes qui ciblent les agents de la force publique.Forte d'une longue et coûteuse expérience dans la lutte antiterroriste, l'Algérie qui a payé un lourd tribut avec 200.000 morts en une décennie, ne peut pas être surprise par ce genre d'action. Sporadiquement, il y a eu, à plusieurs reprises, des signaux quant au risque permanent de tels attentats. Voisine de la Libye où la situation est tout sauf apaisée, l'Algérie qui s'évertue à préserver la stabilité et la sécurité des autres pays, au Maghreb comme au Sahel, a une longueur d'avance en ce qui concerne la prévention et la répression de telles attaques. Autant dire que le crime de Constantine dont la population a été bouleversée est pris très au sérieux et que les enquêteurs sont sur le pied de guerre pour retrouver, coûte que coûte, les auteurs afin de mesurer les tenants et les aboutissants de cette menace.Sans verser dans l'alarmisme, les services compétents ont pour tâche de situer l'exacte mesure de cet attentat qu'il ne faut ni surdimensionner ni, également, sous-estimer. C'est ce que toute la population attend d'eux, car les citoyens attachent une grande importance à la paix recouvrée et ne veulent, en aucun cas, de ces actes qui visent à la compromettre. Sans la paix, disent-ils, il n' y aurait pas eu la relance économique et le développement du pays et c'est pourquoi tout doit être fait pour la préserver.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com