
Ahmad Dari est un artiste créateur palestinien qui a plusieurs cordes à son arc. Il parle avec passion de ses multiples passions. Des passions cultivées avec amour et grande finesse. «Quand on a plusieurs casquettes à la fois, on risque parfois de se perdre», dit-il.Son premier amour a été pour la musique. Le luth est toujours son fidèle et éternel ami. «J'ai appris à jouer du luth à l'âge de 12 ans à Damas, grâce au fils d'un voisin qui en avait un. Depuis, le luth ne me quitte plus ; puis nous avons créé notre groupe ??Aghani El Achiqine'', qui sera la troupe centrale de l'OLP entre 1982 et 1985, et c'est ainsi que nous avons animé des fêtes un peu partout», révèle Ahmad Dari. Palestinien de Jérusalem, Ahmad Dari est né en 1964 au Koweït, où son père travaillait depuis 1960. «Le reste de ma famille vivait à El Qods, où on allait passer les vacances chaque été», raconte-t-il. Ahmad avait trois ans quand l'armée israélienne a occupé Jérusalem-Est en 1967, lors de la guerre des Six-Jours. «Nous sommes devenus ainsi étrangers dans notre pays», notera-t-il. Suivra ensuite un long exil. La famille Dari s'installe à Damas, où Ahmad poursuit ses études.Après le bac, il part en France en 1985 pour étudier l'art à Lyon, puis à l'Ecole des beaux-arts de Valence. En France, il devient un artiste libéral. Il découvre aussi une seconde passion pour la calligraphie, dont il a subi les premières influences à Damas.Il se distingue par des ?uvres marquées par un style enchanteur et novateur. L'empreinte de Mahmoud Darwich, qu'il rencontre à Paris, est indélébile. Le poète marquera énormément l'artiste, au point où la plupart des ?uvres d'Ahmad Dari sont inspirées des merveilles poétiques de Darwich. Sa présence à Paris demeure la principale étape dans sa vie.Il fonde avec d'autres étudiants arabes une nouvelle troupe musicale, Aârass (fêtes), spécialisée dans la chanson engagée, qui fera connaître aussi le patrimoine musical palestinien à travers des tournées dans plusieurs pays européens. Désigné comme délégué adjoint de la Palestine auprès de l'Unesco, entre 1996 et 2011, il sera au c?ur d'une intense activité culturelle de son pays en France et en Europe. «J'ai réussi à réunir pour la première fois Mahmoud Darwich et Marcel Khalifa sur la scène d'un théâtre à l'Unesco», se rappelle-t-il, avec fierté.La photo est également une autre passion d'Ahmad Dari. Ses ?uvres, exposées cette semaine au palais de la culture Al Khalifa à l'occasion de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe, ont révélé au public un artiste au talent indiscutable. Des photos qui racontent la ville d'El Qods dans toute sa splendeur et expriment aussi l'amour d'un artiste pour la terre des ses aïeux.«Je raconte la ville sainte, ses mosquées, ses églises, ses quartiers populaires, mais aussi la vie quotidienne des gens simples, des vendeurs ambulants ; j'essaie d'immortaliser chaque coin et chaque mouvement», explique-t-il. «Voyez vous ces pierres sur le sol, c'est un vieux chemin dans la ville d'El Qods ; toute la ville avait des voies comme celle-ci, mais les juifs ont fait enlever toutes ces pierres qui faisaient partie de l'histoire de la ville ; alors j'ai vite fait de les photographier, avant qu'elles soient enlevées à leur tour», conclut-il. C'est là toute la morale de l'histoire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arslan Selmane
Source : www.elwatan.com