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L'art de mettre la passion au-dessus de la loi



L'art de mettre la passion au-dessus de la loi
De la magistrature à l'art. Après de nombreuses années en immersion dans l'univers du droit et des lois, Mme Farida Aberkane change de registre et ose une incursion dans l'univers de l'expression picturale, en organisant, pour la première fois, une exposition intitulée : La mosaïque dans toutes ses couleurs, du 18 au 30 mai, au musée Cirta de Constantine. Ses ?uvres chamarrées, à caractère floral, animal, géométrique ou abstrait, sont très harmonieuses. Une harmonie de tons qui traduisent l'affection de cette artiste pour les couleurs chatoyantes, celles de la vie. Ses ?uvres sont la traduction d'un travail minutieux qui requiert beaucoup de patience. Dans cet entretien qu'elle nous a accordé, cette magistrate à la retraite nous livre ses impressions sur sa passion pour l'expression artistique qu'elle porte en elle depuis toujours et qu'elle n'a fait, à vrai dire, que libérer...- De la magistrature à la mosaïque, voilà une transition extraordinairement hyperbolique, n'est-ce pas 'Etre femme de loi n'oblitère pas en soi les plus petites parcelles artistiques, et la fonction de juger nécessite aussi de l'imagination. Peut-être n'est-ce pas un hasard si dans ma carrière j'ai choisi le contentieux administratif qui, en l'absence de codes, permet de créer des solutions aux litiges au lieu d'appliquer plus facilement des dispositions codifiées.- Ne pensez-vous pas vivre un véritable bouleversement : de l'obligation de réserve à la liberté d'expression inspirée par votre passion pour l'art ' Comment vivez-vous ce moment ' Il est évident que l'obligation de réserve à laquelle est astreint le magistrat devient à la longue une véritable nature et ne l'encourage pas à se mettre en avant, surtout lorsqu'il s'agit d'expression artistique. En tout cas, j'en ai le sentiment. Aujourd'hui, d'une certaine manière, je me sens plus libérée et puis avec l'âge on ose le risque. Dessiner, peindre, je le fais avec plus ou moins de bonheur depuis longtemps et sur différents supports, et la fonction de juger ? si elle ne constitue pas un véritable encouragement ? n'en est pas pour autant un frein. Il suffit de trouver du temps et l'envie entre deux dossiers. Aujourd'hui, je suis à la retraite et cela facilite peut-être l'inspiration et une transition naturelle.- Alors que vous étiez encore magistrate, étiez-vous déjà traversée par cet amour pour la mosaïque 'La mosaïque, j'y suis arrivée après ma mise à la retraite, un peu par hasard, après que je me sois essayée à la peinture sur faïence, sur tissu ou la gouache. Une émission à la télévision, un premier essai et puis il y a Internet susceptible de révéler toute vocation. J'avais intitulé mon exposition : La mosaïque dans toutes ses couleurs, et s'il fallait trouver un fil conducteur à mes objets, c'est dans la recherche et l'harmonie des couleurs qu'il faudrait le trouver.- Comment a été accueillie votre exposition 'Mon exposition a été apparemment bien accueillie, peut-être par le fait que ce genre artistique n'a pas beaucoup d'adeptes, en tout cas à Constantine.- Revenons un peu en arrière. Vous êtes encore présidente du Conseil d'Etat. On vous propose de soumettre une mouture réglementant et protégeant la profession d'artiste. Quelle aurait été votre feuille de route ' J'ai entendu dire qu'un décret a été adopté par le conseil de gouvernement, qui réglemente le statut social de l'artiste, en le mettant à l'abri d'une situation précaire de nature à décourager toute création. L'édification de maisons de l'artiste, la multiplication d'expositions et de concours seront autant de motifs d'encouragement et de motivation de l'artiste.


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