Constantine - Revue de Presse

L'agriculture, dernière roue de la charrette? La modernisation de la ville inquiète



L'engouement pour les projets de modernisation de la ville de Constantine, suscite auprès des élus de l'assemblée populaire de wilaya (APW) des inquiétudes quant au risque qui pèse sur le nécessaire développement agricole de la wilaya, et pour lequel la wilaya et le ministère de tutelle, viennent justement de signer un contrat de performance lui assignant des objectifs ambitieux pour le proche avenir.

«Déjà qu'actuellement l'investissement dans le domaine agricole est au plus bas, les feux braqués sur des questions de ciment et de ferraille comportent de réelles menaces sur les performances futures du secteur», c'est ce qu'a déclaré, en substance le président de la commission de l'agriculture de l'APW, Azioune Kamel, lors d'une récente réunion de sa structure. La barre a été placée assez haut pour la wilaya, suite aux contrats passés avec le ministère pour, notamment, trois produits: les céréales, le lait et les viandes surtout bovines. Ce qui fait dire, à notre interlocuteur, «que la mobilisation doit être sans faille et qu'il n'y a vraiment pas lieu de croiser les bras ou de braquer les regards sur la modernisation uniquement».

Ainsi, il est précisé que ce programme vise à accroître la production céréalière actuellement de 1,2 million à 1,6 million de quintaux, soit un accroissement de pas moins de 400.000 quintaux, sur la période 2009-2013.

La réalisation d'un tel objectif nécessite des moyens matériels (tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc.), et le parc actuel dont dispose la wilaya est à 80% âgé de plus de 25 ans, et qu'il y a lieu de le renouveler. Selon le même responsable, et à titre d'exemple, une vielle moissonneuse-batteuse occasionne jusqu'à 20% de pertes dans les récoltes. Et de poursuivre «ce renouvellement doit être axé sur le choix de matériel lourd. Il est temps de changer nos tracteurs de 60 chevaux par d'autres plus puissants, sachant que la productivité augmentera, en labourant plus profondément. Il est aussi indispensable d'étendre la superficie consacrée aux céréales (65.000 ha actuellement) à au moins 5 à 6.000 ha supplémentaires.

Concernant la filière lait, dont la production est de 50 millions de litres, aujourd'hui, dont seulement 50% sont collectés et uniquement 20% soumis au contrôle sanitaire, l'objectif est de la faire grimper à 70 millions de litres à terme, chose qui n'est pas hors de portée des capacités de la wilaya, selon M. Azioune, à condition de mettre les moyens qu'il faut. Aussi est-il impératif, pour ce faire, d'introduire une race de vaches laitières à haut rendement, de même qu'il y a nécessité à encourager les agriculteurs à investir dans les techniques de l'ensilage, -conservation des fourrages dans des silos-, sachant que les vaches donnent plus de lait si leur alimentation est basée sur des fourrages verts.

«La wilaya, dit-il, peut redevenir le bassin laitier qu'elle était auparavant». Ses potentialités dans la production de viandes ne sont pas négligeables également, avec un cheptel actuel de 60.000 têtes dont 25.000 de vaches laitières, et qui peut passer à 80.000 têtes. Augmentation possible si tous les moyens sont utilisés pour, entre autres, une bonne exploitation des hangars abandonnés par les CAPCS, notamment. D'autres progrès peuvent être réalisés dans la culture des légumes (verts et secs) comme la pomme de terre, les lentilles, les oignons, l'ail, tellement les terres de la wilaya se sont révélées adaptées à ces produits, a-t-il conclu.


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