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L'affaire du bébé enlevé continue de faire des vagues



L'affaire du bébé enlevé continue de faire des vagues
L'affaire de l'enlèvement du nourrisson Leith Kaoua de la maternité de Constantine n'a pas fini de provoquer des remous au sein de la structure concernée et, d'une façon générale, parmi le personnel médical et paramédical du centre hospitalo-universitaire (Chu) de Constantine. De plus, le syndicat national des sages-femmes d'Algérie qui a réuni ses membres lundi après-midi à Constantine a menacé d'une démission collective de cette catégorie de personnel exerçant sur tout le territoire national. Toutefois, la corporation qui vit un malaise à la suite de l'enquête menée dans le sillage de cet enlèvement, est celle des médecins résidents du Chu de Constantine. « En plus du fait que nous sommes aujourd'hui montrés du doigt par toute la population et considérés comme des pestiférés, nous n'avons pas été ménagés par une certaine partie de la presse qui s'en prend à notre réputation », nous a déclaré, hier, un médecin résident qui a voulu garder l'anonymat. Il ajoutera que le plus grave, à ses yeux, est qu'une partie du personnel de la pédiatrie se trouve maintenant à la merci de « descentes » de police qui les embarque manu militari en les soumettant à des interrogatoires.Notre interlocuteur fait partie d'un « comité des résidents » qui a été délégué par ses collègues. Compte tenu du fait que le corps des médecins résidents n'est pas structuré dans un syndicat officiel, ce comité a été créé à la hâte pour porter la revendication des médecins résidents en essayant de canaliser leur colère née de leur implication forcée dans cette affaire, « qui ne nous concerne nullement », a protesté ce médecin. Aussi, d'après les informations que nous avons recueillies auprès du corps médical et paramédical du Chu, la mise sous mandat de dépôt par la justice d'un médecin résident activant au niveau de la maternité a conduit des agents de cette structure à tenir, dimanche dernier, un sit-in de protestation devant le tribunal de Ziadia.« L'agent en question a été libéré, nous a déclaré un médecin, mais le problème des harcèlements policiers continue puisque des agents de la sécurité sont venus sans aucune réquisition prendre une autre résidente pour l'amener au domicile de la famille du bébé pour savoir si ce dernier peut être circoncis. Et à la suite de cela, ajoutent nos informateurs, la résidente en question a subi un choc psychologique profond. Ce qui a amené le corps des résidents à parler d'abus d'autorité et organiser un sit-in dimanche devant l'administration de l'hôpital. Reçus par le directeur général du Chu, ils lui ont remis une pétition signée par tous les médecins résidents et exigeant la cessation des harcèlement sous peine de déclencher une grève générale et ouverte s'ils continuent à être la cible de traitements vexatoires ».Ils se sont plaints aussi de la manière dont une certaine partie de la presse a traité cette affaire en pointant du doigt leur corps sans chercher à comprendre le fond des choses. « Le premier journaliste venu s'en prend maintenant au médecin alors que ce dernier constitue la colonne vertébrale de l'hôpital. Les couvertures faites par les journaux sont dépourvues de tout professionnalisme et beaucoup de mensonges ont été dits sur notre compte», a estimé ce médecin.Il conclura en disant que pour le moment, le DG nous a promis de prendre en main leurs préoccupations, surtout en matière de sécurité. « Nous allons voir ce qu'il fera, ensuite nous aviserons », a-t-il dit.Le malaise suivi d'un mécontentement généralisé ne s'arrête pas au niveau du Chu de Constantine. Avant-hier lundi, la corporation des sages-femmes est allée plus loin dans la menace en promettant une démission collective de toutes les sages-femmes activant au niveau du territoire national s'il n'est pas mis fin à l'emprisonnement de leur collègue impliquée dans l'affaire. La présidente de l'Union nationale des sages-femmes d'Algérie (UNSFA) s'est déplacée d'Alger à Constantine pour tenir, dans l'après-midi, une réunion avec ses adhérentes à la maison des jeunes de la cité Filali. Mme Kerrouche Akila a dénoncé, au cours de ce conclave, l'emprisonnement de la sage-femme qui a été placée en détention provisoire jusqu'à l'achèvement de l'enquête, en faisant valoir que l'enquête avait démontré que celle-ci n'était pas impliquée dans l'utilisation de son cachet par les ravisseurs du bébé.Elle a déclaré que son organisation déploiera tous les efforts nécessaires auprès des autorités publiques nationales et auprès des organisations des droits de l'homme pour obtenir la libération de leur collègue avant l'arrivée du mois de Ramadhan. Sinon, a-t-elle menacé, il y aura une démission collective de toutes les sages-femmes d'Algérie.


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