Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
«Sur la scène politique la situation n'a pas changé d'un iota depuis le 10 mai. Cette réalité conforte notre décision de ne pas participer aux prochaines élections locales.» Ce sont les propos tenus par Abdallah Djaballah, quelques instants avant la réunion interne qu'il devait tenir avec ses militants de la wilaya de Constantine. Mais la décision semble loin d'être définitive dans la mesure où il l'a accompagnée d'un préalables en ces termes : «à moins que d'autres éléments d'appréciation interviennent d'ici là». Difficile quand même de pouvoir avancer un quelconque argumentaire qui justifierait les attentes de Djaballah, comme il est difficile d'imaginer le type de concessions que s'autoriserait le pouvoir pour que celui-ci les agrée. Quoiqu'il en soit, malgré la capacité de l'appareil du Front à mobiliser ses militants, l'aptitude de ces derniers à se fondre «naturellement» dans la discipline partisane, et ce faisant de répondre présent à toute sollicitation, voire sacrifice, le professionnalisme de son encadrement à relever le challenge qui consisterait à aller aux élections, si cela s'avère impératif, il semble pour le moins que la marge de man'uvre risque d'être aussi réduite qu'importante sera l'ampleur de la désillusion qui suivra la proclamation des résultats. «Chat échaudé craint l'eau froide», soutient le dicton. Aux dernières élections législatives le FJD n'a pas seulement essuyé une débâcle, vraisemblablement inattendue, mais a littéralement été réduit à la plus simple expression, hantise de toute formation. Djaballah trouverait-il prétexte à l'absence de garanties d'élections propres et honnêtes pour justifier une rupture stratégique, et, tout en se protégeant derrière cet argument, recomposer dans la durée ses troupes en appelant du pied les militants de base des autres formations dites islamistes, dont nul n'ignore l'atomisation, et qui ne sont pas finalement très chauds pour rejoindre TAJ , le suspectant d'accointances avec le pouvoir.Par ailleurs, la mise à l'écart d'Ouyahia et Belkhadem ne constituerait-elle pas, entre autres, cette garantie majeure dont Djaballah a besoin pour aller aux élections, compte tenu du poids incontestable que ces derniers avaient sur le fonctionnement des institutions élues et exécutives et, par extension, sur l'ensemble des mécanismes et procédures de préparation, conduite et finalisation des diverses consultations populaires ' A cette question, que nous lui avons posée, le président du FJD évoquera, non sans ironie, «un subreptice lifting qui ne changera rien aux règles du jeu et qui confirme surtout la duplicité du pouvoir actuel». Quoi qu'il en soit, Djaballah affirme «qu'aucune consigne ne sera donnée à nos militants pour les élections locales à venir », ajoutant que «comme l'ensemble des Algériens, ils sont désabusés et savent pertinemment ce qu'ils doivent faire».Enfin, s'agissant des atteintes à la religion et des derniers développements médiatiques, il fera preuve de calme, pondération et retenue en fustigeant seulement l'immoralité de ceux qui, au nom d'une liberté d'expression galvaudée, se sont attaqué à une religion. Il ne manquera pas, toutefois d'égratigner les dirigeants des pays musulmans qui ne se sont pas exprimés sur le sujet.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com