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Khelli l'bir beghtah Le baromètre du bien-être d'une société



«Pourquoi demande-t-on à un malade qui s'adresse à un hôpital public de faire ses analyses ailleurs ' Il faut essayer de comprendre pourquoi des pays comme la Tunisie et le Maroc ne transfèrent plus leurs malades et pourquoi leurs agences viennent recruter chez nous des patients pour un transfert pour des soins à l'étranger '». C'est le président de l'Ordre des médecins qui s'interroge dans les colonnes d'un confrère. Dans ces questions, se situe tout le marasme du secteur très délicat de la santé publique qui, malgré des sommes faramineuses, n'arrive plus à prendre en charge les maladies les plus bénignes. A la question pertinente de ce praticien, il faut juste préciser que pratiquement tout le corps médical tunisien a fait ses études dans nos facultés de médecine à Alger et Constantine, considérées alors comme les meilleures du continent dans les années soixante-dix. Aujourd'hui les maladies chroniques comme le cancer, le diabète et les pathologies cardiaques, sont très mal traitées, voire pas traitées du tout. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs, et dans les cliniques privées, qui ont littéralement explosé, encourent quasiment les mêmes risques que dans le secteur public, comme en témoignent les graves manquements de certains établissements privés obnubilés par l'appât du gain au détriment du confort du patient. Ainsi, si le président de l'Ordre des médecins tire la sonnette d'alarme, c'est qu'il y a péril en la demeure. Il est absurde qu'en dépit de l'embellie financière, de grands hôpitaux ne disposent même pas de fil chirurgical alors que certains praticiens sont obligés de se fournir eux-mêmes en consommables comme les gants ! Il est donc urgent de se pencher sérieusement sur ce secteur qui sert de baromètre du bien-être d'une société. Il y a de plus en plus de difficultés à se soigner correctement dans notre pays. Parce que la santé est contaminée elle aussi par l'esprit de mercantilisme qui a fini par s'imposer dans notre société. Pour que de plus en plus d'Algériens recourent à des médecines parallèles en sollicitant des charlatans, le pas a été franchi et de longues queues se forment quotidiennement devant des cabinets d'herboristes réputés guérir même... le cancer ! Ces escrocs ne doivent leur prospérité qu'à la grave défaillance de la médecine officielle. Enfin, de quoi je me mêle ' Khelli l'bir beghtah.
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