Apparemment nous évoluons à une époque où tout ce qui était normal jadis et ce qui n'était pas possible dans les pires cauchemars, est devenu chose réelle certes, mais surtout banale, «normale», comme disent les jeunes. Bon nombre de faits «graves» sont aujourd'hui banalisés, voire normalisés ou, plus grave encore, ignorés. Que cette banalisation maladive vienne des couches populaires constituant le parterre social est chose remédiable, mais lorsque cette banalisation prend un aspect officiel c'est là que les choses se compliquent en général. Il y a quelques jours seulement des sources officielles ont minimisé la portée des actes d'enlèvement, de viol et de mutilation de gamins alors que l'Algérie tout entière a été ébranlée par l'onde de choc du séisme psycho-social dont l'épicentre a été localisé à Constantine après que les cadavres de deux enfants sauvagement assassinés, enfermés dans des valises, avaient été découverts dans une décharge publique. Ce week-end une autre réaction officielle vient minimiser, encore une fois, la portée d'un autre fléau, à savoir la corruption. Selon une information rendue publique ce week-end, des sources officielles estiment que «la corruption au sein des Douanes algériennes ne représente pas un fléau, mais reste limitée à certains dépassements qui seront de plus en plus contrôlés et freinés grâce à la nouvelle stratégie».
Ces mêmes sources sont respectueusement conviées à expliquer au citoyen lambda ce que font les inspecteurs, les agents et autres douaniers dans les couloirs des tribunaux si ce n'est à l'intérieur même du box des accusés. Il y a lieu de dire qu'un délit commis est un délit de trop qui implique une grande mobilisation et une grande abnégation sur le terrain si l'on veut réellement sévir contre la corruption sous toutes ses formes, qui ronge, tel un cancer dévastateur, notre pays. Le fait de minimiser l'ampleur de l'acte délictuel aussi minime soit-il et de vouloir, soi-disant, «dédramatiser la situation» pourrait avoir un effet fâcheux car cela instaure la culture de l'impunité qui vient renforcer le moral de ces tristes sires qui, par leur égoïsme et leur individualisme, viennent compromettre l'avenir de toute une nation qui a tous les moyens d'aller de l'avant et de briller dans le concert des nations, si seulement... ! Enfin, de quoi je me mêle ' Khelli l'bir beghtah.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Khazini
Source : www.infosoir.com