La course est lancée pour le poste de «Médiateur» que s'apprête à créer
le ministère de la Justice au niveau des tribunaux. Suite à une directive du
garde des Sceaux, récemment adressée à toutes les cours de justice, portant sur
la création prochaine de cette fonction de «Médiateur», près d'une cinquantaine
de postulants ont déjà déposé leur dossiers de candidature auprès de la Cour de
Constantine, et n'attendent plus que la sélection qui devrait déterminer le
candidat idéal, apte à jouer avec efficacité ce rôle «intermédiaire» au sein de
l'appareil judiciaire dans les affaires des justiciables.
Le personnel ciblé et qui se trouve concerné par ce recrutement «doit
impérativement remplir les critères d'ancienneté et d'expérience, autant dire
des retraités du corps de la magistrature, ou de la profession des avocats, ou
encore «des sages» reconnus de notoriété au sein de la société», comme le
stipulent les conditions d'accès à ce poste. Cette nouveauté dans
l'organigramme de l'appareil judiciaire répond à l'une des recommandations de
la commission chargée du dossier de la réforme de la justice, visant
essentiellement un allégement de la charge sur les tribunaux en traitant en
amont les affaires avant qu'elles n'atterrissent sur le bureau d'un juge. En
d'autres termes, «le médiateur aura pour mission de régler les conflits à son
niveau en procurant aide et assistance aux éventuels antagonistes qui se
présenteraient dans son bureau, usant de tact et de diplomatie, s'en faut-il,
pour leur éviter de traîner dans les dédales de la justice, parfois avec un
résultat ruineux, sur tous les plans, au bout de la longue procédure judiciaire
devant les tribunaux», comme nous l'expliquera un magistrat à la retraite. Il
est clair, aussi, que cette nouvelle disposition, qui s'inscrit dans le cadre
de la réforme du système judiciaire, vise une meilleure qualité dans l'activité
des magistrats, qui se trouvent aujourd'hui submergés par le nombre des affaires
à traiter. Pour l'exemple, signalons que 64.469 affaires pénales et 19.800
affaires civiles ont été traitées durant l'année judiciaire écoulée par la Cour
de Constantine. «Cette quantité importante de dossiers gérés par les
magistrats, qui se devaient en sus de rendre leur verdict dans des délais
respectables, a négativement influé sur la qualité de l'action judiciaire, en
réduisant en peau de chagrin le temps des plaidoiries», se plaignent assez
souvent les avocats.
Cependant, malgré ce contexte favorisant grandement la mise en place de
médiateurs au niveau des tribunaux, les avocats demeurent méfiant vis-à-vis de
cette fonction. «L'idée en elle-même est bonne, mais reste à voir comment elle
sera exploitée, ou mise en pratique», avance à ce propos avec prudence Maître
Lenouar Mostefa, le bâtonnier de la région de Constantine. Celui-ci ne manquera
pas de souligner dans ce sillage, que «pour l'instant, aucun avocat parmi ceux
qui ont quitté la profession avec l'âge n'a émis le voeu d'une éventuelle candidature
au poste de «Médiateur», envisagé par le ministère de la Justice».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com