Quel est l'Algérien qui n'a pas ressenti, mercredi soir, un sentiment de honte à la vision de la pelouse du stade du Complexe olympique du 5-Juillet 1962' En fait, les mots sont impuissants à traduire ce qu'a dû être l'humiliation des Algériens et singulièrement de nos internationaux habitués à jouer sur des quasi tapis verts, aussi mauvaise que pouvait être la météo. Un Guedioura, un Feghouli qui évoluent sur les meilleures pelouses du monde - en Angleterre et en Espagne - en ont eu mal au coeur, cachant difficilement le malaise induit par l'état catastrophique d'un gazon qui n'avait de gazon que le nom.
Disons-le, proclamons-le: c'était une infamie de faire jouer sur une telle pelouse, pour une telle occasion, un match international qui célébrait le 50e anniversaire de l'Indépendance et, subsidiairement, la fondation de la Fédération algérienne de football (FAF). L'Algérie ne méritait pas cet affront répercuté dans le monde par les médias internationaux. La honte! Est-ce croyable que notre pays ne disposerait d'aucun stade pouvant accueillir cet événement' Nous nous inscrivons en faux contre une telle assertion. Il y a au moins un stade en Algérie, le Hamlaoui Stadium de Constantine - pouvant accueillir jusqu'à 60.000 supporters - qui n'avait rien à envier aux meilleurs stades européens de l'avis même des techniciens et coachs étrangers qui ont eu à fouler sa pelouse. Avis partagé par le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Mahfoud Kerbadj, qui n'a pas caché son admiration pour l'état impeccable de cette pelouse. Alors, pourquoi le match Algérie-Bosnie n'a-t-il pas été déplacé à Constantine' Sans doute que la question restera sans réponse tant que l'impunité persistera et que les responsables n'auront pas à rendre compte de leurs décisions et n'assument pas les conséquences qu'induisent ces prises de décision à tous les niveaux de la hiérarchie des responsabilités. Et surtout, que l'on ne vienne pas sanctionner des pions, des exécutants qui n'ont pas droit de cité. Aussi, l'affaire est autrement plus importante que ce que l'on veut faire croire. Car il est désormais question d'incompétence de gens bombardés pour occuper des postes (de prestige') trop lourds pour leurs faibles épaules et capacités. Oui, il est de bon escient de parler d'incompétence! Jusqu'à quand doit-on en effet tolérer l'inaptitude de responsables qui pullulent dans les travées de stades du pays, mais pas seulement: ils sont dans l'administration, dans les APC, les ministères - partout où il n'est pas question de savoir-faire et de compétences - qui polluent par leur incompétence les services publics. Nous avons constaté - le monde entier a vu mercredi - la qualité du travail réalisé dans nos enceintes sportives mises à mal par les premières pluies saisonnières.
Voilà l'image déplorable, inacceptable, que le monde conservera de l'Algérie. Cinquante ans après l'Indépendance, les Algériens restent incapables d'entretenir correctement leurs enceintes sportives. Mais que dire de nos routes, dont le bitumage s'effondre aux premières averses pour des raisons aussi diverses que la qualité du goudron utilisé que de la corruption qui sévit dans les milieux à forte plus-value.
D'ailleurs est-ce normal que l'Algérie fasse appel à de la main-d'oeuvre chinoise et japonaise pour construire son autoroute' Est-ce normal que l'Algérie fasse appel aux Espagnols et aux Portugais pour construire ses immeubles et habitations'
Il y a des procédés comme ça qui vous font douter, outre de l'intelligence créatrice des Algériens, de la probité de ceux qui ont en charge l'avenir et le devenir de ce pays. Aux premières averses de l'automne, nos stades deviennent des patinoires impraticables, nos routes des fondrières dangereuses, nos maisons s'écroulent au moindre glissement de terrain. Même notre métro - que nous avons mis trente ans pour l'achever - a donné des signes de faiblesse après les fortes pluies du mois d'octobre. Quel ministre a été sanctionné après l'écroulement des immeubles de Boumerdès dû au séisme du 23 mai 2003' Quels P-DG ont eu à rendre compte du travail bâclé de leurs entreprises - en nous en tenant à ce seul aspect de la question, sans nous étendre sur les scandales qui ont marqué le pays ces dernières années -' Regardons les choses en face: tant que l'impunité perdure, que les compétences sont sacrifiées sur l'autel du népotisme, du favoritisme et du copinage, il est patent que n'évoluera pas le résultat donnant de notre pays une image loin de correspondre à ses véritables potentialités et qualités intrinsèques. Navrant!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N KRIM
Source : www.lexpressiondz.com