Constantine - Revue de Presse

Jijel : Ce qui va changer pour les détenus



La politique de réinsertion des détenus prônée par le ministère de tutelle semble avoir un impact positif à plus d'un égard sur le comportement des prisonniers, purgeant des peines à l'établissement de rééducation de Jijel et au centre de prévention d'El-Milia. Selon le juge d'exécutif des peines, cette politique a davantage aidé les prisonniers à avoir plus de confiance en eux-mêmes au sein de ces établissements, où on s'efforce à changer les idées reçues par le monde carcéral. De prime abord, il faut admettre, selon les conceptions avancées dans le cadre de la même politique, que les personnes purgeant des peines d'emprisonnement ne sont plus considérées comme des criminels à bannir de la vie, mais comme des êtres humains à réinsérer dans la société pour les inciter à ne pas reprendre le chemin qui les a conduit à la prison. Les conventions au nombre de 22, signées avec les différents départements ministériels, permettent désormais aux prisonniers de bénéficier de meilleures conditions de détention et donnent la possibilité à ces derniers d'avoir accès à la couverture sanitaire, à la formation, à l'enseignement et même à l'emploi. En matière d'emploi justement, il faut noter la signature d'une convention-cadre entre la direction générale de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion et la direction générale des Forêts pour l'utilisation de la main-d'oeuvre pénitentiaire pour les travaux forestiers. Cette convention, entrée en vigueur à la date de sa signature le 07 août 2006, est d'une durée de trois ans renouvelable, selon les termes de l'accord signé entre les deux parties, à la demande du ministère de la Justice en date du 9 août 2004. La décision ministérielle n° 45 datée du 02 août 2006, fixant les modalités d'attribution d'une assistance sociale et financière au bénéfice des détenus nécessiteux à leur libération, s'inscrit également dans le même contexte de cette politique de réinsertion des prisonniers. Ceci dit, la visite qui nous a conduit mercredi dernier, à l'occasion des examens de l'enseignement à distance, à l'établissement de prévention d'El-Milia, nous a encore donné la possibilité d'avoir une idée sur les conditions de détention des pensionnaires de cet établissement et des mesures dont ils bénéficient toujours dans le cadre de cette politique de la réinsertion. Le juge d'exécution des peines, qui nous a accompagnés lors de cette visite, n'a d'ailleurs pas manqué de nous informer sur ces conditions où on a noté une certaine satisfaction des détenus visiblement intéressés aux mesures de remise de peines dont ils peuvent bénéficier. Certains prisonniers ont saisi l'occasion pour demander des explications au juge au sujet de ces dispositifs, alors que d'autres n'ont pas hésité à lui faire part de leur désir de se rapprocher de leur famille. Notre accompagnateur nous a d'ailleurs informé que c'est la commission de réinsertion qui est chargée de recevoir les dossiers des détenus pour les préparer et les transmettre à la commission d'exécution des peines qui doit statuer sur leurs cas dans un délai de moins d'un mois. Cette commission est chargée de statuer sur ses dossiers dans le cadre des dispositifs de la liberté conditionnelle, du régime de la semi-liberté, la liberté pour des raisons de santé ou dans le cas de la suspension de l'application des peines en cas du décès ou d'une grave maladie d'un membre de la famille. Les détenus se préparant à un examen peuvent également bénéficier de cette mesure de suspension de l'application des peines. Les statistiques qui nous ont été fournies en cette occasion notent que depuis l'année 2006, le centre de rééducation de Jijel et l'établissement de prévention d'El-Milia ont enregistré 152 cas de semi-liberté, 291 cas de liberté conditionnelle et 203 permissions de sortie. Durant cette année scolaire 2007/2008, les deux établissements ont enregistré 98 détenus inscrits à l'enseignement à distance de la 1ère année moyenne, à la 3ème année secondaire toutes spécialités confondues, 13 détenus sont inscrits pour passer l'examen du Baccalauréat alors que 35 autres sont concernés par les examens du BEM. 12 autres détenus poursuivent des cours à l'université de la formation continue (UFC) et 81 autres sont inscrits aux cours d'alphabétisation toujours au sein de ces deux établissements.
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