Belle et chaleureuse a été la rencontre avec Hamid Aït Taleb, jeune auteur algérien venu présenter au CCF de Constantine son premier roman De Grâce, paru chez JC Lattes. Une brève lecture d'un extrait du roman laissera le champ libre à l'auteur qui entreprendra une présentation de son livre.
Ce dernier raconte un certain 17 octobre 1961, là où des « ratons » ont voulu faire comprendre aux « hommes » qu'ils avaient eux aussi droit à la dignité, une immersion dans des événements historiques à travers la narration de Dahia, héroïne malgré elle, qui rêve d'émancipation, un rêve défendu puisqu'il véhicule des valeurs perçues comme venant d'ailleurs. Dahia rêve, les yeux ouverts, quand tout le monde ne rêve que les yeux fermés ; serait-ce le cauchemar des hommes ' Elle est de ceux qui refusent de s'abandonner à un destin souvent cruel. Elle se réfugie dans l'écriture en tenant un journal intime qui lui permet, le temps d'une phrase, de quitter son ghetto de Nanterre fait de misère et de boue pour des palais arabes sortant tout droit des Mille et une Nuits.Elle est téméraire et se hasarde dans l'inconnu, recourant à son imagination pour éclairer les zones d'ombre. Comment un homme peut-il livrer ses impressions avec la voix d'une femme ' L'entreprise est périlleuse, du moins le paraissait-elle ; le résultat est cependant là, et cela ressemble curieusement à un coup de maître. En évoquant la notion d'écrivain-ambulance, Hamid Aït Taleb refusera de s'y situer, rejetant en bloc tout ce qui pourrait amener à parler de revendications communautaires, mais l'homme tient à ses racines et à son identité, et il le fait savoir.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Osman Chaggou
Source : www.elwatan.com