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Jako el Muzikante, chants d'amour, danse et humourFestival international du malouf



Jako el Muzikante, chants d'amour, danse et humourFestival international du malouf
L'évènement, qui a atteint un niveau élevé, a réussi à offrir à son public une véritable richesse de styles et de genres musicaux d'Algérie, du Maghreb, d'Orient et d'Occident.De bout en bout de leur spectacle, étonnant de vivacité, le public du théatre de Constantine est resté branché et attentif à toutes les sonorités de la prestation, inédite et originale de la troupe Jako el Muzikante, dirigée par le chanteur Xurxo Fernandes. Ce dernier est présenté comme le fondateur de ce groupe qui se veut un «recréateur» de l'ambiance créée dans les cafés de l'orient à l'époque de l'empire Ottoman, où des chanteurs de différentes nationalités fusionnaient pour produire de véritables «folies musicales» au début du 20ème siècle.
Toutefois, le vrai génie de cette troupe est d'avoir réussi à regrouper trois espagnols, dont Xurxo Fernandes (chant), Joaquin Sanchez (Clarinette) et José Luis Yague (double basse), en plus de la hongroise Andrea Szamek, véritable virtuose du violon, le bulgare Krastyo Stoyanov, qui a étalé une maîtrise parfaire des percussions, ainsi le talentueux joueur du Oûd, le soudanais Wafir Djibril Cheikheldin. L'ensemble a été égal à lui-même lors de la quatrième soirée du festival international du malouf, tenue mardi dernier, face à un théâtre bondé de monde.
Rythmes orientaux, mouachahate, sonorités modernes, danses, virtuosités musicales, et poèmes chantant l'amour, la paix et la nature avec un humour déconcertant, ont été au programme d'un groupe qui a emballé son public durant des moments de pur bonheur. «C'est une expérience qui est née il y a quatre ans à Madrid où ce groupe a été formé de musiciens de divers horizons ; une expérience qui a réussi grâce à la tolérance et au respect des cultures d'autrui», a confié dans les coulisses le Soudanais Wafir Djibril, qui ne manquera pas de dire que le public de Constantine a été le meilleur que sa troupe ait connu.
El Maghdiria persiste et signe
Il est désormais établi que la Malouf n'est plus l'apanage des troupes de la région de l'Est algérien. L'association El Maghdiria de la musique andalouse de Mascara, créée en 2001 en hommage au cheikh Benali Maghdir, un grand parolier, compositeur et interprète, en a donné la preuve formelle. La troupe, qui a décroché le deuxième prix du festival national du malouf au mois de juillet dernier, est composée essentiellement de jeunes talents, encadrés par des éléments chevronnés, tous dirigés par le chef d'orchestre Boudjellal Ouazar.
Des talents qui ont fait preuve d'une bonne maîtrise de leur art, surtout que l'on compte de nombreux virtuoses dans différents instruments, avec l'interprétation d'une nouba Rasd Dhil. Connue depuis plusieurs années à travers ses multiples participations dans divers festivals de musique andalouse, El Maghdiria demeure le parfait exemple de l'école qui active d'une manière pédagogique sérieuse pour la préservation de ce patrimoine national qu'il soit malouf, sanaâ ou Gharnati.
Eblouissante Riham Abdelhakim
Lors d'une soirée digne de celle des Milles et Une nuit, la chanteuse Riham Abdelhakim a gratifié, jeudi dernier, un public aux anges d'un cocktail de chansons de la belle époque d'Oum Kaltoum. Il est connu que cette jeune star qui monte dans le monde de la chanson arabe, a une préférence pour ce style difficile, alors qu'elle a déjà montré tous les talents du artiste prometteuse, lorsqu'elle était encore toute jeune, en interprétant le rôle d'Oum Keltoum jeune, dans le fameux feuilleton réalisé par Anaâm Mohamed Ali et diffusé par la télévision algérienne au début des années 2000.
Après plusieurs années, Riham, qui a gagné en maturité, se produit pour la première en Algérie, et spécialement sur la scène du théatre de Constantine. Accompagnée par l'orchestre dirigé par la maestro Saber Abdessatar, celui-là même qui était présent lors de l'édition précédente, l'invitée du festival a ébloui en interprétant les chefs d''uvre d'Oum Keltoum «Alf leila ou leila» et «Anta Omri», avec une assurance et une aisance déconcertantes. Le public enchanté découvrira aussi les capacités vocales de la cantatrice de l'opéra égyptienne dans les mouachahate comme «Ajaban li ghazal katalin» ou «ya laylou essabou mata ghadouhou» mais aussi en interprétant «Ani El Ouchaq saalouni» et «Ouyoune el qalb sahrana», avant de rendre un hommage à la rose de la chanson arabe, la défunte Warda El Djazaïria à travers sa chanson «mali ana ouel ahzane».
La surprise de la soirée n'a laissé personne indifférent, lorsque l'ensemble dirigé par Saber Abdessatar interpréta une partition musicale du bacheraf Zidane sur le genre Malouf, jouée avec brio grâce à une merveilleuse distribution. Ce qui montre que notre malouf est une musique à portée universelle, pourvu de lui donner sa véritable dimension, avec une note de modernité à travers l'écriture musicale, sans toucher à son originalité.
Adel Meghouache, la révélation du festival
En décrochant le troisième prix du festival national du malouf, organisé au mois de juillet dernier, Adel Meghouache a surpris plus d'un, sauf les connaisseurs de ce jeune prodige, qui a fini par récolter les fruits de son sérieux, son abnégation et surtout sa persévérance. Après des années de labeur, le jeune Adel s'est produit, jeudi dernier, pour la première fois au festival international du malouf, où il a prouvé encore une fois qu'il demeure une valeur sure du malouf constantinois, de l'avis de plusieurs artistes avertis.
Accompagné par l'orchestre dirigé par son frère Nacer Meghouache, Adel s'est illustré grâce à une parfaite maîtrise de l'art de la nouba, avec une distinction dans l'interprétation musicale, marquée par une voix au timbre clair que le public a bien apprécié. Ne voulant pas faire dans le déjà vu, Adel optera pour une innovation. Un véritable travail de recherche et de génie. Un cocktail de malouf maghrebin choisi avec goût et raffinement à travers l'interprétation de «haramtou bik nouassi», tirée du malouf constantinois, puis «baâda ane nafar mounissi», du malouf tunisien et «mal gharam ila balia», du patrimoine marocain. Un choix très apprécié surtout qu'il a été agrémenté de bacheraf zidane et d'autres partitions du répertoire andalous. Rencontré dans les coulisses du théâtre de Constantine, Adel dira en toute modestie : «Nous avons choisi de proposer un programme inédit lors de ce festival ; c'est une forme d'ijtihad musical de notre part tout en espérant qu'il plaira au public».
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