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Insuffisants rénaux chroniques en Algérie' un long chemin Avant 1978



Un grand nombre de patients algériens étaient traités en France dans le cadre de la convention des caisses de sécurité sociale des deux pays.L'accord prévoyait une couverture sociale en Algérie des familles des 400.000 travailleurs algériens en France par la caisse de sécurité sociale algérienne en contrepartie des hospitalisations à prix forfaitaire avantageux des patients transférés d'Algérie.
Le programme de 1978, contre l'avis des planificateurs, a été élaboré au détriment des programmes de santé prioritaires comme la lutte contre les maladies à transmission hydrique, la vaccination, la mortalité infantile et la mise en place de structures de santé de base.
Afin de mettre fin à l'exil thérapeutique et aux souffrances des patients dialysés en France, il a été décidé de financer une structure d'accueil à l'hôpital Mustapha Pacha pour la prise en charge de 10 nouveaux patients par an par million d'habitants et le rapatriement progressif des dialysés exilés, ainsi que le développement d'un programme national de transplantation rénale (P.N.T.R.)
? Années 1980
La poussée rapide de la demande de soins par épuration extra-rénale, relayée par une opinion publique exigeante et surinformée, le tout dopé par le prix du baril de pétrole, l'envolée du dollar et le slogan officiel pour une vie meilleure, ont entraîné la multiplication du nombre des centres d'hémodialyse, passant de un à plusieurs par wilaya.
La prévalence de l'insuffisance rénale chronique terminale traitée (I.R.C.T) était de 120 patients par million d'habitant, boostée par le retour massif des néphrologues formés en France. Cet indicateur d'accès aux soins était une fierté nationale et reflétait une prise en charge meilleure à celle de nos voisins et même que celle des pays émergents économiquement équivalents.
La dialyse péritonéale, comme technique d'appoint, venait au secours des centres vite saturés dès 1981. La transplantation rénale faisait timidement ses premiers pas à Alger (1986) et à Constantine (1987). La première greffe rénale apparentée a été réalisée au CHU Mustapha Pacha le 14 juin 1986 (nous avons fait partie de cette équipe multidisciplinaire algérienne).
? Années 1990
Le nombre de patients traités n'a pas évolué en termes de prévalence (stagnation à 128 patients traités par million d'habitants, alors que le nombre total de patients traités à atteint 4000).
Malgré les drames humains, les pressions terribles et l'insécurité de l'époque, le traitement par épuration extra-rénale et par transplantation se développait au fil des années. La dialyse péritonéale (D.P.) était fortement sollicitée par les centres d'hémodialyse.
Les patients incidents en D.P. étaient nombreux et la prévalence plafonnait à 400, représentant 10% du taux de pénétration par rapport à l'hémodialyse. La greffe rénale restait un recours très marginal. Notons qu'en 1998, 110 greffes rénales ont été effectuées en 8 ans.
? Années 2000
On assiste durant ces années à une levée des contraintes de la prise en charge de l'IRCT. Cette dernière sera marquée par un développement linéaire et soutenu des secteurs public et privé.
La prévalence va passer rapidement de 128 à plus de 500 patients traités par million d'habitants. Le nombre de patients va croître grâce à un élargissement des indications (absence d'exclusion) et à la disponibilité réelle du matériel d'hémodialyse fabriqué localement par une industrie médico-chirurgicale performante.
A partir de 2006, on assiste à une expansion rapide de la greffe avec naissance de 13 centres de greffe répartis sur le territoire national sous l'impulsion des autorités sanitaires et la mise en place d'une politique initiative qui a permis la réalisation de 126 greffes en 2007, essentiellement à partir de donneur vivant apparenté.
Cet essor de la prise en charge de l'IRCT doit son succès au développement des capacités locales de la formation et de l'industrie pharmaceutique :
Ouverture d'une post-graduation en néphrologie dès octobre 1988 ayant permis la formation de plus de 600 néphrologues déployés sur tout le territoire national.
Développement d'une industrie nationale qui a sécurisé l'approvisionnement en différents matériels et consommables.
Tahar Rayane. Professeur, Chef de service de néphrologie au CHU Nefissa Hamoud
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