Constantine - A la une

Indifférents, les Constantinois ne s'en soucient même pas RENTREE SOCIALE SEREINE OU AGITEE



Indifférents, les Constantinois ne s'en soucient même pas                                    RENTREE SOCIALE SEREINE OU AGITEE
Peut-on parler de rentrée sociale porteuse de nues à Constantine ' Pas franchement, dans la mesure où celle que l'on qualifie de troisième ville d'Algérie ou encore capitale de l'Est ne s'est pratiquement jamais inscrite, du moins sa population, dans les mouvements sociaux et/ou politiques aujourd'hui quasi-réguliers qui émaillent bon ou mal an l'actualité nationale. Cela plus par indifférence que par un souci délibéré d'adhérer ou non à un évènement ponctuel. Bien qu'au même titre que les autres villes du pays, elle a ses émeutes, des grèves récurrentes dans les milieux professionnels notamment le secteur public ; Education et Santé plus précisément. Toutefois comme les débrayages dans ces deux secteurs qui ont énormément perdu de leur crédibilité en raison d'abord de ladite récurrence et surtout en l'absence d'arguments les justifiant et par voie de conséquence de leur illégitimité, il n'y a que le secteur économique qui pourrait redonner de la consistance au front social. Sauf que celui-ci a vécu avec les deux ou trois entreprises qui ont survécu à leur brutal démantèlement sont plutôt protégées. Et pour cause l'implication très onéreuse de l'Etat dans leur pérennité au nom de la préservation de complexes stratégiques, nationaux dont tout déséquilibre économique et, par extension, social, créerait une onde de choc qui n'épargnerait pas l'ensemble du secteur économique national. Il s'agit, bien entendu, des complexes d'Aïn-Smara et Oued-Hamimime qui font de la wilaya l'un des pôles essentiels du pays. Or, sur le plan social, les complexes évoqués, auxquels peuvent être adjoints celui de la Snta et Erce (cimenteries) ont tiré des enseignements des conflits qui les ont émaillés naguère et leurs dirigeants ont pleinement saisis la nécessité de matérialiser et surtout de pérenniser la paix sociale via de bonnes relations avec les partenaires sociaux que sont les représentants des travailleurs, qu'ils relèvent du syndicat ou du comité de participation. Cette sérénité l'est grâce aux conventions collectives écrites entre les différents acteurs et, surtout, respectées. Ceci dit, s'agissant du secteur économique toujours, le reste des entreprises qu'elles soient locales (wilaya) ou entités décentralisées est passé à la trappe. Leur disparition ayant été entamée dès le début des années 1990. La mise en place de textes législatifs à partir de 1994 (liquidation ordonnée) les videra progressivement avant démantèlement total. Ce secteur vidé de sa substance essentielle allait faire de l'Union de wilaya de l'Ugta, atomisée par des luttes intestines, un organe spectral dont l'activité actuelle se limite, comme celle de la Centrale syndicale, à survivre autrement, c'est-à-dire en s'impliquant plus en politique que dans le monde du travail, lequel est-il besoin de le souligner n'est plus qu'une vue de l'esprit.Et c'est l'une des raisons principales qui fera que l'embrasement, voire la plus petite étincelle ne viendra jamais de ce secteur d'autant plus que les quelques organes syndicaux qui activent encore ont jugé plus opportun d'aller en électron libre aux conflits avec leurs employeurs que de fournir un moyen de récupération et donc de retour sur la scène de ladite union de wilaya de l'Ugta. Quoiqu'il en soit et exception faite des travailleurs d'Algérie-Télécom lesquels envisagent très sérieusement de perturber la rentrée sociale si leur tutelle ne procède pas au reliquat de l'augmentation des salaires consenti il y a une année. Cet engagement devait être honoré avant juillet dernier et cela n'a pas été le cas.Ne restera alors que le secteur de la Fonction publique où le Snapap se taille la part du lion et dont Mourad Djebassi, le coordinateur souligne «A l'heure actuelle, notre plus grande préoccupation concerne le dossier des agents des corps communs. Leur situation doit être sérieusement prise en considération et en charge par la tutelle avant que le climat ne se détériore d'autant plus que la prochaine rentrée offre l'opportunité à tous les déçus de prendre leur revanche ». Notre interlocuteur insistera sur le fait que le Snapap est un syndicat «'responsable qui ne va pas à la confrontation automatiquement. Notre syndicat est un véritable réceptacle des revendications des travailleurs, des revendications que nous soumettons à qui de droit après que le conseil national ait étudié et jugé de leur réalité. Un cadre précis qui astreint tout syndicaliste et syndiqué à une discipline organique »En conclusion, la rentrée sociale à Constantine devrait se faire sans encombres même si les animateurs du collectif des syndicats Ugta, qui a fait «la Centrale», ait sérieusement incommodé Sidi Saïd ces deux dernières années, nous ont fait part de leur intention de remettre au goût du jour les hostilités tant que l'Union de wilaya ne sera pas expurgée des caciques qui l'habitent depuis une quarantaine d'années.Toutefois, comme il n'existe aucune culture réelle de la contestation populaire tout comme les canaux à même de la canaliser non sans une certaine discipline, il n'est pas à exclure que naissent par voie de conséquence des foyers ici et là, des foyers qui malgré tout ne passeront pas inaperçus en ce sens qu'ils auront la capacité de perturber un calme «régulièrement» précaire. En somme le grain de sable qui fera grincer la mécanique.
A. L.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)