
Du coup, le sucre cristallisé conditionné n'était plus disponible en épicerie et moins encore sur les étagères des supérettes et grandes surfaces. Néanmoins là où il était encore disponible le sachet d'un kilogramme avait soudainement changé de prix et augmenté dans une «parfaite» anarchie de 5, 10, 15 dinars, selon le degré «d'honnêteté» du commerçant concerné, lequel se défaussait superbement sur les grossistes qui, à leur tour, le faisaient sur leurs fournisseurs... en somme, un vrai serpent de mer. Le sucre vendu en sac de 50 kilos gagnait de 5 dinars l'unité chez les grossistes et était revendu avec une marge bénéficiaire de 15 dinars à hauteur des détaillants.L'argument officiel des pouvoirs publics a été de souligner qu'il n'existait aucune tension. Ce qui au demeurant était vrai dans la mesure où de cette pénurie soudaine qui aura envahi la wilaya de Constantine le mercredi dernier nul ne pourra en déterminer l'origine, et s'avère donc une sorte de ballon sonde de spéculateurs qui, malheureusement, a marché puisque depuis lors les prix ont effectivement augmenté obtenant du coup une réaction en chaîne sur certains produits préparés essentiellement à base de sucre sans que nul, aussi bien parmi les consommateurs que les représentants des pouvoirs publics locaux, ne s'en émeuve.Contacté à ce sujet, le porte-parole de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa) à Constantine, M. Ayadi, nous dira au téléphone «...parfois nous sommes effondrés de voir la soumission des Algériens en général et des consommateurs en particulier face aux vastes campagnes de désinformation sinon des rumeurs lancées ici et là sur une pénurie, des tensions...et qui font malheureusement le jeu des spéculateurs tout en nous affaiblissant nous même et les services des directions du commerce».Ceci étant, nous nous sommes étalés avec notre interlocuteur sur la stratégie mise en place pour assurer une activité commerciale les jours de l'Aïd El Adha. Celui-ci a été catégorique : «Que les Constantinois sachent que nous avons sensibilisé une semaine durant tous nos adhérents (boulangers, transporteurs, épiciers et marchands de fruits et légumes) afin que ceux qui doivent assurer une permanence le fassent avec responsabilité. Nous pouvons par exemple vous dire que rien pour le chef-lieu de commune 60 boulangers répartis géographiquement de façon rationnelle assureront la disponibilité du pain. Il en va de même pour les autres activités. Sauf qu'il ne faudrait pas évidemment tirer sur l'ambulance, et là nous nous adressons plus particulièrement aux représentants des médias, si ces activités ne sont pas assurées la première matinée de la commémoration de la fête et pour cause les obligations qu'elles impliquent à tout un chacun. Néanmoins, les commerces évoqués seront fonctionnels à partir de 13h et dans son intégralité la journée du lendemain.»S'agissant enfin de la flambée des prix des fruits et légumes à partir de ce début de semaine, M. Ayadi met tout cela sur le compte de «l'irresponsabilité des consommateurs dont le comportement frôle le délire et fournit bien entendu aux commerçants et autres spéculateurs toutes les raisons de faire feu de tout bois. Quand vous voyez un consommateur acheter 4 kilos de laitue pour anticiper sur une éventuelle raréfaction du produit en question, vous comprendrez aisément que tout cela relève de l'irrationnel».A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com