Constantine - A la une

Il était une fois la Coupe du monde - Espagne 1982 : Le rêve brisé des Algériens



Pour l'équipe nationale d'Algérie, tout a commencé lorsqu'elle est allée battre le Nigeria chez lui pour le compte du quatrième et dernier tour de qualifications du Mondial 1982. Ce jour-là, nos Fennecs ont été admirables, prenant ainsi leur revanche sur les Nigérians, vainqueurs deux ans auparavant en Coupe d'Afrique des nations. Vingt jours plus tard, à Constantine, ce fut la confirmation avec une nouvelle victoire sur le Nigeria. C'était une grande première pour le football algérien, en retard sur ses voisins qui avaient déjà goûté au bonheur d'être au rendez-vous mondial. A quoi attribuer cet exploit ' Objectivement, à tout un ensemble de paramètres. D'abord, les fruits de la réforme introduite quelques années auparavant. Ensuite, l'éclosion d'une génération de joueurs doués, grâce à la volonté des autorités, soucieuses de l'image du pays à l'étranger. Enfin, grâce à la volonté de ces capés qui avaient pris conscience de leurs moyens. On peut dire aussi que la CAN 1982 tombait à pic pour l'EN et le sélectionneur Khalef qui auront eu l'opportunité de faire le point avant ce sommet mondial en Espagne. Après avoir battu le Nigeria et la Zambie, les Fennecs se sont inclinés face au Ghana avait d'être contrés par l'Ethiopie. En match de classement, ils cédèrent la troisième place à la Zambie. La vraie préparation a débuté mi-avril à Lille pour se poursuivre à Alger (face au Réal Madrid, victoire de l'EN 2 à 1), avant de rallier la Suisse pour un autre match à Genève contre Bastia. L'EN a livré en ce mois de mai six rencontres test face à l'O. Lyon, contre Lausanne chez lui, ensuite le Servette de Genève et le FC Tours. Bilan : 4 victoire et 2 nuls. Encore une fois, c'est le même constat avec l'efficacité devant et la fébrilité en défense (19 pour 10 contre). L'ultime match s'est déroulé à Oviedo et gagné par les Verts. Que faut-il ajouter pour que ce tour d'horizon soit plus ou moins complet ' On citera le problème lié à l'équipement de l'EN, les autorités algériennes ayant opté pour la firme nationale Sonitex aux dépens d'un sponsor étranger qui s'est «vengé» en annulant les matches amicaux programmés. Par ailleurs, l'affaire Kourichi-Liegeon a capté l'attention des supporters de l'EN et s'est soldée par le renvoi du second joueur.Le match de la honte
Tous les sportifs ont en mémoire l'historique victoire de l'Algérie face à la RFA. A vrai dire, personne ne s'attendait à cet exploit au vu des forces en présence. Il y a que les Allemands, notamment les joueurs et leur entraîneur, se sont montrés très arrogants par des déclarations outrancières qui se sont avérées très motivantes pour nos représentants. Tous les sportifs ont estimé que ce fut une victoire logique, bien qu'inattendue. Les Algériens ont livré ce jour-là leur meilleure prestation depuis des années, en développant un jeu de très haut niveau que le monde entier a apprécié. Cette équipe nationale, c'était une synthèse avec la tradition du «jeu à l'algérienne» fait de technique, d'imagination et de vivacité personnifiée par le milieu et l'attaque, et les vertus physiques des défenseurs.
Les Allemands sont tombés de haut, étant à mille lieux de s'attendre à une telle déroute. Pour les Algériens, c'était l'exploit majeur de cette édition. La suite sera comme un film de mauvais scénario. L'Allemagne avait battu le Chili et retrouvé des couleurs. Les Algériens pourtant étaient qualifiés à la mi-temps avec le score de 3 à 0 face à ces mêmes Chiliens. Mais il y a eu cette honteuse connivence entre les frères germains. La veille du match, le photographe d'un hebdomadaire algérien (El-Hadef) a surpris les entraîneurs Derwal (Allemagne) et Schmidt (Autriche) réunis autour d'une table de restaurant et en a apporté la preuve. Ce match à «l'eau de rose» restera dans les annales. Pire, des témoins diront même que ce n'était pas un match, mais des simulations d'actions. Le public, furieux, brandissant des billets, ne s'arrêtait de crier «fuera, fuera !» (dehors !). Au final, l'Allemagne, justice immanente, dirait-on, s'est inclinée en finale, l'Italie brisant son rêve après quelle a brisé celui de millions d'Algériens.
La fiche
Finale : Italie 3 RFA 1
Attaque : France (16 buts)
Défense : Brésil et Italie (6 buts)
Buteur : Paolo Rossi (Italie) 6 buts
Echos
Volonté
Tedj Bensaoula a surmonté deux rudes épreuves avant d'aller en Espagne. D'abord, il a lutté de toutes ses forces pour soigner une hépatite virale. Ensuite, se trouvant en stage avec l'équipe nationale, il a eu la douleur de perde son père. Il est retourné à Hammam-Bouhadjar pour l'enterrement et a ensuite rejoint l'EN. Malgré ces dures épreuves, il fut l'auteur d'une très bonne prestation.
Pros et locaux
C'est un sujet encore d'actualité au sein de l'équipe nationale, avec les locaux et les pros évoluant à l'étranger. A titre de comparaison, au sein de l'équipe qui a battu l'Allemagne, il y avait quatre pros seulement, à savoir Kourichi, Mansouri, Dahleb et Zidane. Sur les 13 participants au match, ils étaient neuf locaux. Donc, en réalité, le plus important, c'est le niveau de chacun d'eux.
Remplaçants
En Espagne, l'effectif était très riche, et d'excellents joueurs n'ont pas eu la chance de participer, étant en quelque sorte des remplaçants de luxe. On citera tout particulièrement Bencheikh, Kouici, Bourebbou, Horr, Tlemçani et Maroc. Naturellement, il y a eu quelques grincements de dents auquel le staff technique a fait face.
Réalisme
Dans son groupe, l'Italie s'est qualifiée pour le second tour avec trois nuls seulement, passant de justesse devant le Cameroun qui avait le même parcours.
Sauf que les Italiens avaient inscrit un but de plus que les Camerounais. Les Azzuris confirmèrent par la suite ce réalisme en remportant la Coupe du monde.
Espionnite
C'est lors du déroulement de la Coupe d'Afrique des nations, au mois de mars 1982, que l'entraîneur autrichien Schmidt, accompagné d'un cameraman, a disséqué le jeu de l'EN à Benghazi en vue de la Coupe du monde en Espagne. Ce jour-là, notre EN s'était inclinée face au Ghana, futur champion d'Afrique. Le coach autrichien a dit : «L'Algérie joue mal pour tromper l'ennemi». En Espagne, l'Autriche s'est imposée face à des Algériens pourtant dominateurs.
Camp Nou
La cérémonie d'ouverture fut très réussie au stade Camp Nou de Barcelone. C'est le premier évènement à être diffusé sur les cinq continents. 140 pays ont donc reçu les images transmises par satellite, et un milliard de téléspectateurs a été recensé par les organismes spécialisés.
Prestation
Auteur d'un geste incontrôlé et malheureux lors des Jeux Méditerranéens de Split (Yougoslavie), Merzekane a écopé d'une lourde sanction. Finalement rappelé à la suite d'une campagne médiatique et sur l'insistance des fans de l'équipe nationale, Chaâbane a réalisé une prestation de premier ordre et était considéré comme l'un des meilleurs latéraux du monde.
Nation
On vous assure l'authenticité de cette anecdote. Dès la fin du match Algérie-RFA, c'était la liesse populaire semblable à celle de l'Indépendance. Au quartier de Maraval, un vieil homme, intrigué par les clameurs, demanda à son fils la raison. Ce dernier l'informa que l'Algérie venait de battre l'Allemagne. «Quelle Allemagne, celle d'Hitler ou l'autre » (Ndlr, la RDA). Son fils l'a informé que c'était la RFA. «Maintenant, on peut dire que l'Algérie est une grande nation !», rétorqua le vieil homme.
Promesse
A la veille du match Algérie-RFA, l'entraîneur de la RFA Jupp Derwall, extrêmement confiant, a fait la promesse suivante devant les journalistes : «Si on ne bat pas l'Algérie je fais mes valises et je quitte le Mondial». Or, après la défaite de son équipe, ce technicien arrogant n'a pas tenu sa promesse. Humilié, il n'a pas fait amende honorable. Il avait perdu une occasion de se taire et n'en menait pas large.
Consternation
Le bon comportement de l'Algérie, du Cameroun et du Honduras n'a pas plu à tout le monde. Ce qui est consternant, c'est que le président de la FIFA Joao Havelange a affiché sa contrariété par les performances des équipes dites «petites». Morceau choisi : «Si les grandes équipes sont éliminées, ce sera le fiasco de la Coupe du monde !». Et dire que Havelange a été élu en grande partie grâce aux voix de l'Afrique et du tiers-monde !
Prince
Le prince Cheikh Fahid, président de la fédération de football du Koweït, est descendu de la tribune officielle jusqu'au terrain pour contester un but français, illégal selon lui. Le plus étonnant, c'est qu'il a eu gain de cause, l'arbitre Russe invalidant ce but. L'entraîneur de l'équipe de France Hidalgo était dans tous ses états. Informée, la FIFA a radié cet arbitre. Pour rappel, la France a gagné ce match (4-0).
Excuses
«Le match de la honte». C'est ainsi que fut surnommé l'ignoble arrangement entre la RFA et l'Autriche pour empêcher l'Algérie d'accéder au second tour. Ce fut un scandale historique qui obligea la FIFA à fixer dès la Coupe du monde suivante les derniers matches du groupe le même jour et à la même heure. Beaucoup d'années plus tard, des joueurs Allemands et Autrichiens ont avoué cette combine et présenté leurs excuses. C'est toujours çà de pris…
Jeune
Norman Whiteside devient le plus jeune joueur à disputer une phase finale de Coupe du monde. Il avait 17 ans et 41 jours quand il est entré en jeu pour l'Irlande du Nord face à la Yougoslavie (0-0).
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)