L'ouverture a été sobre mais sympathique, surtout sans fausses notes ou fausse nouba.
Il faisait froid vendredi soir, à quelques minutes de l'ouverture des portes du TRC pour cette première soirée de la 5ème édition du festival international du malouf. A 18h, la nuit venait juste de tomber, libérant un vent presque glacial, qui soufflait sur l'esplanade du théâtre constantinois, où une trentaine de curieux étaient rassemblés en cercle. Au milieu de cette masse s'agitait dans tous les sens, un groupe folklorique, qui, il faut l'avouer, a apporté un peu de gaîté et de chaleur aux mélomanes présents, avec sa zorna. Les portes s'ouvrent enfin, et curieusement, point de bousculade sur les marches du TRC. Contrairement aux éditions précédentes, il n'y avait pas foule pour cette soirée d'ouverture. Le théâtre n'était certes pas vide, mais on n'était loin de l'engouement des éditions précédentes, où ce lieu mythique grouillait de monde bien avant le début du spectacle. Il semble que les chargés de la communication au niveau de la direction de la culture comptent encore sur «le bouche à oreille» pour faire circuler l'information. Mais, passons'
En accédant au hall, s'offre à nos yeux un spectacle singulier et sympathique. L'antichambre de la grande salle de spectacle s'était parée de ses plus beaux atours. On y découvre une décoration traditionnelle étincelante au cachet local, avec deux salons aux allures classiques (style marocain) et installés aux coins du hall. Les portraits des grands chantres du malouf constantinois garnissaient les murs de cette grande pièce. La dinanderie était aussi au rendez-vous, avec les seaux, les vasques, etc., pour rappeler ce qui est ou qui fut, c'est selon, l'empreinte propre de la ville. Des instruments de musique soignés, spécifiques à la musique andalouse, sont accrochés ici et là. Mais ce qui rend l'endroit encore plus féerique est, sans conteste, le joyeux sourire affiché par le cheikh Mohamed-Tahar Fergani qui, installé, à juste titre, comme un roi dans l'un de ces salons, apportait assurément sa bénédiction à l'événement. Il était plein de vie, et l'on aurait dit qu'il était plus jeune de vingt ans. Heureux de constater le bon état de santé du cheikh, le public rejoignait allègrement la grande salle. Place au spectacle.
Le commissariat a décidé apparemment de bousculer un peu les règles, puisque l'ouverture a été confiée, pour la première fois, à un orchestre étranger. Cet honneur revenu aux Tunisiens, n'a offusqué personne, et c'est chaleureusement qu'ont été accueillis les «Majmouâat Chioukh El Malouf», un groupe des Chioukh du malouf, originaire de Bizerte. Leur spectacle, aimable et très sobre, avait la particularité d'épouser parfaitement le thème du festival, ce qui n'est pas souvent le cas des groupes conviés, qui sortent facilement du cadre du malouf. La voix de Mahrez Khalil Sedkaoui était un véritable délice, et l'on aura droit aussi à quelques « Mouachahat », hymne à la passion et à l'amour. La seconde partie a été laissée aux soins d'Ahmed Aouabdia qui, fidèle à lui-même, enchantera l'assistance par une prestation irréprochable. Il est vrai que ses apparitions dans les événements culturels officiels sont très rares. La soirée de vendredi était donc une occasion pour les mélomanes de se délecter de sa voix particulière. L'ouverture a été donc très sobre mais sympathique, surtout sans fausses notes ou fausse nouba, c'est selon.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lamine Benzaoui
Source : www.elwatan.com