Constantine - A la une

Hrvoje Rukavina, photographe Croate



Hrvoje Rukavina, photographe Croate
Invité avec d'autres photographes européens dans le cadre la 2e édition de la résidence euro-algérienne des photographes, sous le thème «Constantine, regards croisés, patrimoine et culture», le photographe croate nous livre ses impressions après avoir photographié Cirta.-Quel regard portez-vous sur Constantine après votre participation à la manifestation «Regards croisés» 'Avec un regard qui est devenu encore plus humaniste, voir l'Algérie et la beauté de ses paysages aussi riches que divers, et surtout les gens attachants, procure un bonheur et une inspiration pour le photographe que je suis. Ce séjour, qui s'appelle «Regards croisés», m'a permis de croiser mon regard d'abord avec celui des habitants et la ville de Constantine.Durant ce court séjour, j'ai découvert le Nord qui donne un avant-goût de ce que recèle ce pays comme richesse de paysages. Quand je pense à la grandeur de ce pays, je vois tout le potentiel artistique qu'il faut explorer, car il apportera beaucoup au patrimoine de l'humanité. J'ai été touché par la réaction des gens dans la rue. Ils étaient contents de se laisser surprendre par l'objectif, comme s'ils voulaient voyager et faire le tour du monde à travers leurs photos. -Constantine est une ville qui a une histoire ancienne, l'avez-vous ressenti 'C'est une ville dense dans sa profondeur historique et sa multiculturalité millénaire et cela apparaît dès le premier regard à partir du ciel. Des couches d'histoire se superposent et reflètent cette longue histoire qui plonge ses racines dans les profondeurs de l'humanité. Cela ressort dans mes photos. La photo raconte aussi l'histoire. Pour moi, c'est une grande découverte. C'est un moment de grande noblesse. Je suis venu avec un a priori positif qui s'est confirmé au contact des gens dans la rue dégageant une chaleur humaine qui est propre à la Méditerranée. La ville de Constantine est un carrefour civilisationnel qui n'en finit pas de tout révéler.-Nous sommes de plus en plus dans un monde qui se barricade avec des frontières qui empêchent la circulation des personnes. La photo peut-elle briser ces frontières 'Absolument. A travers la photo, on fait voyager les citoyens sans visa et sans contrainte. L'image que j'aimerais bien donner est celle de la tolérance, du partage, de l'ouverture, de la rencontre et de l'amour qui y naît. Face à la force de l'image, toutes les frontières s'écroulent. On ne peut empêcher les humains de se rencontrer, de rêver ensemble pour un monde meilleur.Les cauchemars que nous vivons aujourd'hui ne peuvent être justifiés sous aucun prétexte. Il est urgent de repartir sur de nouvelles bases plus justes et plus humaines.Nous disposons de toutes les possibilités pour le faire. Si l'on observe la forte amitié qui caractérisait les relations entre l'ex-Yougoslavie et l'Algérie, elle n'est plus la même aujourd'hui. Je n'ai pas pu avoir mon visa à partir de Zaghreb, alors que j'ai été invité à une manifestation officielle, je l'ai obtenu à Paris pour pouvoir venir dans ce beau pays qu'est l'Algérie.Je souhaite que nous puissions à l'avenir établir des liens solides et imaginer ensemble un futur partagé. Nous devons réfléchir à des échanges dans différents domaines pouvant jeter des passerelles entre nos deux pays et sociétés pour nous découvrir.


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