Constantine - A la une

Hommage à l'artisan de l'insurrection de 1871, Cheikh Aheddad



Seddouk (Bejaia) avait rendez-vous ce dimanche avec l'Histoire, avec un grand H. Il s'agit de la commémoration du 148 e anniversaire de l'insurrection de 1871 contre le colonialisme. Ainsi des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Seddouk pour rendre hommage à Cheikh Aheddad, et évoquer la date du 8 avril coïncidant avec le début d'une large révolte populaire conduite à son initiative et qui rapidement s'est étendue dans une large partie du territoire, notamment au centre et à l'est.Des conférences sur sa vie et son parcours, des tournois sportifs, une projection de films ont marqué ce regroupement auquel a assisté une forte
délégation d'adeptes de la confrérie Rahmania venus de plusieurs wilaya du pays et ponctué par une cérémonie de dépôt d'une gerbe de fleurs sur sa
tombe et celui de ses enfants El Aziz et Mhand, acteurs prépondérant de cette révolte, avec Cheikh El-Mokrani et Cheikh Boumezrag.
En cette date souvenir, Cheikh Aheddad, devait mener solennellement au marché hebdomadaire de Seddouk, la révolte contre l'occupant. Après une
forte harangue devant des milliers de personnes, il appela à porter les armes et se ragaillardir de courage contre l'ennemi qu'il fallait impérativement bouter hors du pays. "Nous allons jeter l'ennemi à la mer comme je jette aujourd'hui ma canne à terre", s'est-il alors exclamé, en joignant le geste à la parole. Et, depuis, le soulèvement a pris forme et s'est renforcé, mobilisant dans son sillage des centaines de milliers de personnes.
Cheikh Aheddad, déjà arrivé à un âge avancé, plus de 80 ans, n'avait pas
pris les armes, mais avait guidé la révolte en chef spirituel, étant le chef suprême de la confrérie Rahmania, imam et érudit en théologie, laissant la stratégie militaire à ses deux enfants (El aziz et M'hand) et Cheikh El Mokrani qui, tous trois à la tête d'un contingent de 300.000 hommes représentant 250 tribus, ont mis à mal des mois durant les forces coloniales.
En juillet 1871, il a été arrêté. Et en avril 1873, il a été condamné et emprisonné à la prison de Coudiat à Constantine pour cinq ans. Au bout de cinq jours, il rendit l'âme. Il avait alors 83 ans et sa révolte ne s'est jamais éteinte.
Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)/APS
@JournaLiberteDZ
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