Constantine - A la une

Gnawi engagé et jazz-rock planétaire



Gnawi engagé et jazz-rock planétaire
Les amis du Dimajazz sont nombreux et toujours prêts à répondre à l'appel du festival de Constantine. Aziz Sahmaoui en a donné la preuve mercredi en venant combler le vide laissé suite à la défection de China Moses qui a déclaré forfait à la dernière minute pour cause de maladie, comme annoncé par les organisateurs.Mais Aziz et son University of Gnawa ne se contentent pas de faire du remplacement. Ayant déjà un public fidèle à Constantine, ils occupent toute la place et branchent l'assistance dès la première note. Ils ont le talent pour réussir un tel pari, même si ce show a déjà été présenté au Dimajazz. Mieux ! Le concert de mercredi avait quelque chose de plus, d'inédit. Sur scène, Aziz s'est amusé avec un réel plaisir. Sa cool attitude apportée ce soir est née de son bonheur, dira-t-il, de faire partie «grâce au mektoub» de cette édition, qui, rappelons-le, est dédiée à Aziz Djemame.Sahmaoui était présent dès la première édition et a vu le festival grandir. «Dimajazz, dima bikhir», souhaite-t-il. Avec son charisme, son mandole et son N'goni, l'ex-chanteur de l'ONB a joué les titres de ses deux albums, notamment Mazal, Nabina, Tamtamaki et Mektoub. Le guitariste togolais Amen Viana a apporté l'enveloppe mélodique des chansons que le public connaît par c?ur. L'University of Gnawa fonctionne aussi et surtout grâce à une section rythmique tonitruante, avec Alioune Wade à la basse, Jonathan Grandcamp à la batterie et Adhil Mirghani aux percussions.L'amitié, la générosité et le partage ont amené aussi le talentueux Mustafa El Annabi et sa derbouka ainsi que Karim Ziad qui s'invitait librement sur scène pour faire de ce moment un rendez-vous convivial et familial, car Dimajazz c'est ça aussi. Quarante ans après la sortie de Spectrum, le disque qui a fondé sa musique, Billy Cobham a signé mercredi son nom sur le livre d'or du Dimajazz. Certains n'y croyaient pas, et pourtant le batteur du Mahavishnu Orchestra, légende vivante, était là avec son line-up original : Jean- Marie Ecay à la guitare, Steve Hamilton et Camélia Ben Naceur aux claviers, ainsi que Michael Mondesir à la basse, pour tenir avec lui la section rythmique puissante et précise.Car le jazz-rock porte la marque de ces deux caractères et continue à survivre grâce à ces qualités enracinées par Bitches Brew, l'un des derniers disques de Miles Davis et dans lequel a joué Cobham. L'invité du Dimajazz s'est produit devant un public, certes moins nombreux (un millier de spectateurs) que celui de la soirée précédente, mais fin connaisseur de la musique de Sir Cobham, appréciant chaque note et surtout chaque solo de batterie.Certains se faisaient même entendre chanter les solos appris par c?ur ! Billy a joué sur un kit composé des éléments de deux batteries, les meilleurs morceaux de sa carrière, mais aussi quelques-uns tirés de son dernier album Tales From The Skeleton Coast, notamment Pomegranate. Le public venu des quatre coins du pays a vécu une soirée inoubliable. Car ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à un concert d'une icône du jazz et dans les conditions optimales qu'offre le Dimajazz.


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