Constantine - A la une

Fronton



Fronton
Ainsi va la ronde de la politique et ses épisodes plus ou moins lyriques. Khalida Toumi, nommée ex-ministre de la Culture depuis lundi, ne pouvait ? en dépit de son prénom ? être éternelle à un poste qu'elle occupait depuis 2002. Douze années donc d'exercice durant lesquelles elle aura marqué profondément le monde de la culture, ce que ses admirateurs affirment volontiers et que ses détracteurs reconnaissent parfois.Ce long passage avait débuté après les pires années de l'Algérie indépendante, la vie culturelle réduite à néant, les artistes et écrivains livrés à l'horreur. Il s'achève à un moment où elle aura réussi à redonner à l'acte culturel une présence jamais relevée jusque-là, y compris dans les mythiques années 70', et commençant même à atteindre les petites villes.Sans doute son mérite peut être relativisé par la longévité de sa mission et surtout des budgets considérables générés par la providentielle manne financière du pays. Mais il est sûr qu'elle a investi dans sa mission une énergie et une implication plutôt rares chez nos ministres. Elle a été abondamment critiquée, souvent plus que ses collègues en charge de secteurs pourtant très sensibles. Et souvent plus pour son style que son action quand celle-ci mérite un examen attentionné, autant pour l'indiscutable regain culturel qu'elle a suscité que la difficulté à générer des industries culturelles pérennes dont l'essor, cela dit, nécessite des synergies gouvernementales.Elle laisse ainsi en plan plusieurs projets et, notamment, une réforme et un développement de la formation sans laquelle, autant la qualité des créations que la gestion des institutions culturelles ne pourront connaître de véritable avancée. Elle laisse aussi les dossiers épineux de La Casbah et du patrimoine en général qu'elle avait défendus avec opiniâtreté ainsi que la Loi sur le Livre sur le chemin du Parlement. Elle laisse surtout une mesure qui lui tenait à c?ur : celle de l'introduction de la lecture et de la connaissance d'?uvres littéraires à l'Ecole. Pour ce dossier, s'il demeure, sa remplaçante, Nadia Labidi, aura la chance d'avoir en face d'elle une interlocutrice de choix en la nouvelle ministre de l'Education, Nouria Benghebrit, rompue aux problématiques culturelles. La nouvelle locataire du Plateau des Anassers, moins passionaria mais passionnée, sociologue de formation, universitaire et cinéaste, aura à gérer également les préparatifs de «Constantine 2015», soit un programme chargé auquel elle apportera sans doute ses idées et son expérience de productrice et créatrice culturelle. Elle aura aussi à suivre la mise en ?uvre de la couverture sociale des artistes, ultime victoire après neuf ans d'efforts de Khalida Toumi qui, avec un nouveau poste ou sans, s'adonnera sans doute à sa passion exceptionnelle de la lecture littéraire.


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