Constantine - Revue de Presse

Femme rurale La clé du problème



Que ce soit dans la wilaya de Constantine ou ailleurs, la situation de lafemme rurale se décline en terme de marginalisation. Ignorée, négligée, elleest rarement partie prenante ni prise en compte dans les statistiques officielles.Il faut savoir que si beaucoup de femmes rurales contribuent pour unelarge part au travail dans les exploitations familiales, la majorité d'entreelles travaillent en «hors sol» dans des activités d'élevage. «Pratiquement 50%du travail au niveau de l'exploitation agricole est effectué par la femme, maiselle n'en a pas conscience car elle estime que c'est le prolongement de sesactivités ménagères», affirme Mlle Maza, ingénieur agronome qui tient le bureaude la femme rurale à la Chambre d'agriculture de Constantine.  Ces femmes-là n'ont pas le statutd'agriculteur parce qu'elles ne possèdent pas de terres propres, et ne sont pasattributaires d'une exploitation, et, de ce fait, sont ignorées par lesstatistiques qui dénombrent 305 femmes exploitantes au niveau de la wilaya avecun statut reconnu d'agricultrices. Dans ce nombre, il y a celles qui exploitentdes terres de l'Etat, puis il y a les propriétaires terriennes qui sontexploitantes et celles qui ne le sont pas. Toujours dans ce chiffre global de305 exploitations gérées par des femmes, on en compte 270 qui travaillent laterre et produisent des céréales (créneau qui constitue la vocation de lawilaya), le petit élevage bovin et enfin les saisonnières qui travaillent en«hors sol» selon l'expression consacrée dans le milieu agricole.  Elles sont concentrées beaucoupplus dans la commune de Béni Hamidène, commune versée dans le maraîchage où lafemme participe beaucoup dans le semis, l'arrachage, la récolte, etc. Pendantles saisons de récoltes, elles sont visibles dans les champs. «Nous n'avons pasde chiffres précis dans ce domaine et ceux communiqués périodiquement par lesautorités locales ne sont pas fiables. Quant à nous, nous n'avons ni lepersonnel qualifié, ni les fonds pour faire un tel travail de récolte del'information», estime Mlle Maza. Et d'ajouter, «lors de mes différentessorties sur le terrain dans cette commune, j'ai constaté que beaucoup de femmess'orientent vers la broderie et travaillent comme ouvrières chez descommerçants. Celles-ci, paysannes sans terre, disent qu'elles aimeraient bientravailler dans l'agriculture ou dans les activités d'élevage. Une autrecatégorie se livre au travail de jardinage ou active dans l'agriculture demontagne.  Nous cherchons à inclure cettecatégorie dans nos programmes et lui débrouiller des crédits au niveau del'Angem, malheureusement, l'aide délivrée par cet organisme se révèle trèsinsuffisante et ne peut servir même pas à la couverture des achats de matièrespremières».  Par le passé, des programmes existaientau niveau de la Chambre d'agriculture, comme le PPDR (Projet de Proximité deDéveloppement Rural), mais la donne a changé et ces programme ont été confiésaux chefs de daïrate. Aujourd'hui ce ne sont plus seulement les responsables dusecteur de l'agriculture qui sont impliqués, mais les secteurs de la santé, del'hydraulique, de l'éducation, etc. participent à l'application des programmes.«Que de fois nous avons tenté de sensibiliser les femmes rurales d'accepter desuivre les cours d'alphabétisation organisés à leur intention, notamment dansle bassin de oued Safsaf, dans la commune de Zighoud Youcef, où l'écrasantemajorité d'entre elles travaillent comme saisonnières, mais en vain, elles neveulent pas y aller», affirme Mlle Maza. Pourtant, c'est là aussi une clé duproblème.
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