
Le service des urgences de l'hôpital de Constantine a admis une jeune fille d'origine malienne victime d'un viol collectif. Après analyses médicales, il s'est avéré que la fille est atteinte du virus du sida. C'est ce qu'on pouvait lire il y a deux jours sur le site d'informations «Algérie-Patriotique». Le confrère cite des «sources hospitalières» manifestement plus communicantes que jamais. On peut évidemment comprendre que la particularité de la situation ait pu inciter la direction de cette structure sanitaire à agir de façon? particulière. Et que les motivations médicales urgentes puissent donner lieu à quelque maladresse impardonnable en temps normal. Une fois n'est pas coutume donc, il y a une «cellule de communication» qui dit des choses.Le problème est qu'elle s'en excuse presque. En tenant absolument à ce que tout le monde sache qu'il n'y a que des considérations médicales dans ce qu'ils ont communiqué sur cette «affaire», les dirigeants de l'hôpital constantinois ont surtout révélé l'arrière-pensée contenue dans les informations communiquées. Mais personne ne les accablera outre mesure.Pour cela, ils sont plutôt «dans la ligne». Ils n'avaient nul besoin de nous apprendre la nationalité de la pauvre petite victime d'un horrible viol collectif, mais dans la foulée, ils ont tout de même «lancé un appel aux trois jeunes qui ont abusé de cette jeune immigrée clandestine pour se présenter en urgence à l'hôpital afin d'y effectuer des analyses et s'assurer qu'ils n'ont pas été contaminés» !Ils sont dans la ligne d'abord parce qu'il fallait absolument qu'on sache que la jeune fille est malienne. Une façon de dire cette «évidence» du discours officiel régulièrement relayé par les services de sécurité, des services sanitaires et parfois même par des responsables «associatifs» intervenant dans l'action? humanitaire !Ce discours consiste à nous faire avaler que le sida, la drogue, la prostitution et quelques autres petites «vocations» sont le fait exclusif de clandestins subsahariens à qui il arrive quand même de nous en refiler un bout. Comme c'est le cas à Constantine, même si l'exemple n'est peut-être pas le meilleur parce que c'est tout de même embarrassant de l'avoir vraiment cherchée, cette contamination? par le viol !Le sida, particulièrement dans nos villes et autres localités frontalières du Grand Sud, n'est ainsi jamais évoqué sans être associé aux migrants des pays subsahariens qui en seraient les vecteurs de transmission essentiels, sinon exclusifs. Il en est de même pour la prostitution, la drogue et depuis quelque temps la fausse monnaie.Des faits réels qu'on veut combattre par la négation. Comme il est des choses qu'on ne peut pas cacher, il faut lui trouver un bouc émissaire. Et on a trouvé le meilleur, qui présente aux yeux de l'autorité l'avantage à la fois de sauver un ordre moral facile à effaroucher et dissimuler l'incurie et l'inefficacité de ses stratégies de lutte contre les fléaux en question. Manque de pot, cette fois, ce sont bien trois jeunes Algériens qui ont violé une fille «subsaharienne». Un observateur au sens de l'humour particulièrement aigu a eu cette réflexion : «On aurait patienté un peu et on nous aurait dit que le? viol aussi était une spécialité de nos voisins du Sud». Et il ne croit pas si bien dire. Parce qu'ils ne l'ont pas dit, ils l'ont suggéré autrement. Apparemment, s'ils ne violent pas encore, nos clandestins «provoquent» le viol. Sans? avertir les violeurs innocents qu'ils risquent de choper le sida avec ça ! laouarisliman@gmail.com
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.letempsdz.com