Une seule phrase résume à elle seule ce coup du destin. «L'époque de la dictée du FMI est révolue», a fièrement déclaré le Premier ministre lors du meeting qu'il a animé à Constantine dans le cadre de la campagne des élections législatives qui doivent se tenir le 10 mai prochain. Le secrétaire général du RND, qui a eu à négocier le second plan de réajustement structurel imposé par l'institution financière de Bretton Woods, sait de quoi il retourne. Par dizaines, les entreprises ont mis la clé sous le paillasson. Le nombre de travailleurs licenciés a été estimé à 300.000.
La mise à mort du tissu industriel s'est mise en marche. L'Algérie ne pouvait plus compter que sur ses exportations en hydrocarbures et une éventuelle envolée des prix du pétrole. Elle a fini par bénéficier de ce coup du sort. L'embellie financière donne l'impression de vouloir s'inscrire dans le temps. Selon les prévisions du FMI, les réserves en devises de l'Algérie devraient atteindre les 205 milliards de dollars en 2012. Un revirement de situation dont seule l'histoire est capable. Le ministre de la Prospective et des Statistiques l'a mis en exergue. «M.Temmar relève à ce propos que la demande du FMI traduit le revirement de la situation en faveur de l'Algérie, qui est passée d'un emprunteur du FMI dans les années 1990 à un net prêteur dans les années 2000», souligne une dépêche de l'APS citant l'ex-ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements qui s'est exprimé, le 26 avril, en marge de la présentation de son livre «La transition de l'économie émergente». Comble de l'ironie, c'est le Fonds monétaire international qui sollicite aujourd'hui l'Algérie pour se refaire une santé financière.
L'Algérie «va étudier et évaluer les conditions dans lesquelles cette demande sera proposée dans les détails... En effet, nous avons besoin de savoir si le FMI envisage de réaliser cette opération de renforcement de ses capacités financières à partir de demandes de prêts ou de dépôts rémunérés, ainsi que le rendement qu'il compte proposer», a indiqué le grand argentier du pays, Karim Djoudi, en marge de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale. La question semble faire débat au sein du gouvernement.
C'est ce qu'a confié, jeudi à la presse, le ministre de la Prospective et des Statistiques. «Le gouvernement va examiner la demande du Fonds monétaire international. Tout dépendra de l'opportunité», a dit Hamid Temmar. Une interrogation est sur certaines lèvres. Est-il opportun de renflouer les caisses d'une institution financière qui vous a mis le couteau sous la gorge il y a quelques deux décennies' L'Algérie fait, en effet, face à des protestations sociales récurrentes ainsi qu'à une flambée des prix des produits de consommation de base doublée d'une flambée des prix des fruits et légumes sans précédent. Elle n'a pas jugé, cependant, opportun d'utiliser la fabuleuse manne financière de plus de 186 milliards de dollars qu'elle a engrangés grâce à des prix du baril de pétrole qui planent au-dessus des 100 dollars depuis de nombreux mois pour juguler ces crises qui menacent d'accroître la fracture sociale... Une réflexion que la rue a déjà repris à son compte.
Comment le gouvernement compte-t-il trancher' Dans tous les cas, les Algériens n'ont pour principal souci que leurs préoccupations quotidiennes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com