Constantine - A la une

Expropriés au profit d'un autre commerce !



Expropriés au profit d'un autre commerce !
Douze commerçants sont sommés de libérer leurs locaux situés rue Rahmani Achour, au c?ur de la ville de Constantine, dans le cadre d'unprojet d'utilité publique, leur a-t-on dit. L'opération entre dans le cadre de l'extension-modernisation de l'hôtel Cirta, propriété de l'EGT-Est, dont la gestion sera probablement confiée à la chaîne Marriott. Il y a quelque chose d'absurde dans cette histoire, car l'utilité publique est généralement réservée aux projets de construction de routes ou d'hôpitaux, elle ne s'applique pas dans ce cas, surtout au profit d'un commerce.En effet, la wilaya de Constantine, aux commandes de l'opération, veut expulser les 12 commerçants pour les remplacer par un autre commerce profitant au privé ! L'hôtel devait être retapé pour les besoins de la manifestation «Constantine capitale de la capitale arabe 2015», ce pourquoi la wilaya a saisi l'occasion, dans la précipitation, pour demander aux propriétaires et locataires de quitter les lieux. Un expert fut désigné à la hussarde pour évaluer les locaux, mais son travail a indisposé les concernés. Une démarche jugée autoritaire et expéditive par ces derniers qui ont refusé dès le départ de céder à la pression. S'ensuivront des courriers et des demandes d'audience qui n'aboutiront jamais, face à une administration autiste.Pourtant, les propriétaires ne s'opposent pas à l'idée de partir, explique l'un des concernés, Kamel Boudemagh. Mais leur volonté de négocier bute sur l'absence d'interlocuteur.Chaque responsable interpellé les dirige vers un autre. Le bras de fer a fini au tribunal administratif, qui a rejeté la requête des propriétaires au motif d'expropriation pour utilité publique et rendu un jugement en faveur du wali de Constantine. Les propriétaires, s'estimant victimes de hogra, promettent déjà de placer un bouclier humain si demain il y a exclusion par la force publique. Un problème qui aurait pu être évité si les autorités avaient négocié dès le départ, comme elles l'avaient fait il y a quelques années pour évacuer les berges du Rhumel, quelques centaines de mètres plus bas. Les terrains récupérés ont servi pour le passage du Transrhumel et la réalisation d'un parc citadin.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)