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Et si on l'appelait Mohamed Benmouffok...



Et si on l'appelait Mohamed Benmouffok...
Plongé dans une profonde léthargie des décennies durant, le théâtre d'El Eulma (Sétif) revient à la vie, grâce à son statut de théâtre régional. Carburant à plein régime, l'établissement, où activent de talentueux comédiens de la wilaya et d'autres régions du pays, est «orphelin», car il ne porte aucun nom au fronton.Afin de mettre un terme à cet «oubli», des voix s'élèvent afin de baptiser la structure au nom de l'érudit Mohamed Benmouffok. L'autre icône du mouvement culturel et théâtral national. Pour que cette louable initiative aboutisse, l'association Aïn Teftika de la ville d'El Eulma vient de saisir les autorités locales. Celle-ci sont interpellées pour ressusciter un grand homme et immortaliser son combat. Pour bien comprendre cette démarche citoyenne, il est important de connaître le parcours de ce grand homme qu'était Si Mohamed.Né à Constantine le 27 septembre 1889 où il a étudié et grandi, il part par la suite à Alger pour suivre des études secondaires et une formation administrative. En 1911, il est affecté comme secrétaire interprète à la mairie d'El Eulma (ex-Saint Arnaud) où il créa en 1920 la fameuse «Renaissance musulmane, société artistique, dramatique et lyrique». En compagnie de Si Messaoud Ben Thabet, il ouvrit par la suite une salle de musique à Haret Gouatla, où il forma de nombreux musiciens tels que Djafari Hocine, Bensakeseli Mostafa, Hanache Fodil, Djilani Lakdar, Kaouche Khemissi, Bensdira Ammar, Benmessioud Larbi, Boudab Cherif, pour ne citer que ceux-là.Dans les années 1930, Si Mohamed fonda, une troupe théâtrale devant jouer Charlotte, Si Kaddour, Othello, Hallak Baghdad et bien d'autres comédies et sketchs. Le militantisme de Si Mohamed, qui s'occupait aussi de l'alphabétisation de la population «indigène», inquiète l'administration française. Celle-ci est «effrayée» par la popularité de Si Mohamed à El Eulma, où il était vénéré. Il l'est toujours, d'ailleurs. Par mesure disciplinaire, il est muté à Remchi le 15 mars 1935.Deux ans après, il est affecté à Guelma, où il rendit l'âme le 6 mars 1979. Inlassable durant une longue et si riche vie, Si Mohamed a donné les plus belles années de sa vie à l'amour de la patrie. En guise de gratitude, celle-ci doit honorer sa mémoire par une reconnaissance symbolique. En baptisant le Théâtre régional d'El Eulma Mohamed Benmouffok, l'Algérie, qui n'oublie pas, aura ressuscité un de ses meilleurs fils?


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