
Entente Sportive de Sétif. ESS, acronyme d'une légende. Celle des Aigles noirs qui ont pris leur envol vers la gloire en 1958. Date de naissance, l'année même où la glorieuse équipe du FLN est créée. L'Entente est depuis toujours en noir et blanc, couleurs du manichéisme, mais surtout de la victoire. Ainsi en avait décidé son fondateur, Ali Benaouda, dit Ali Layasse. Layasse, sobriquet typiquement sétifien, dérivé de caillasse, car ce monsieur, qui est aussi un des créateurs de l'autre équipe de Sétif, l'USMS, jetait des cailloux à ses joueurs pour les inciter à aller de l'avant. Droit au but, c'est ça l'Entente, droit au but ! Quand on est donc un Aigle noir et qu'on a bu l'eau de jouvence éternelle d'Aïn Fouara, on est donc nés sous le signe de la victoire. Le premier triomphe de l'Entente, appelée aussi l'Hirondelle, n'aura pas tardé à venir. Dès l'Indépendance, l'ESS gagne en effet la première coupe d'Algérie, en 1963. Et trois autres encore, en 1964, 1967 et 1968, cette dernière année étant aussi celle du premier titre de champion. Avec son football léché, tout en dentelles et guipures, est apparue alors une double légende : Kahla ou Beida et une Coupe qu'elle finit par remporter grâce à un fameux «second souffle» qui lui permettait de coiffer ses adversaires au poteau. Dans la mémoire du chroniqueur, témoin des premiers lauriers de l'ESS, il y a cette ritournelle de supporters qui disait «kahla ou beida lina, talâab fi Dzayer wa qssantina, watdjibalna la coupe» : la noire et blanc joue à Alger et à Constantine et nous ramène la Coupe». Avec l'Entente, pour le succès, il n'y avait pas loin de la coupe aux lèvres ! Il vient en jouant, encore plus en marquant. Depuis, l'ESS, c'est, enfin mais pas finalement, huit coupes, six titres de champion d'Algérie, une supercoupe africaine, deux fois championne du Monde arabe, une Coupe maghrébine des champions, une coupe nord-africaine des vainqueurs de Coupe et une supercoupe arabo-africaine... n'en jetez plus, la coupe est pleine ! L'éternelle équipe en noir et blanc, ce sont des artistes et des canonniers sur tuf, tels Abdelhamid Salhi, Laid Messaoudi, Messaoud Koussim et le Lev Yachine sétifien, Rachid Ferchichi. C'est aussi les frères et fils Mattem. C'est surtout le plus prestigieux des Mattem, Lounis, qui a joué contre le Brésil de Pelé et Garrincha en 1965. C'est, plus tard et sur gazon, entre autres, Mohamed Griche, Bouzid Chéniti, Nacer Adjissa, Abdelhakim Serrar, Malik Zorgane, Antar Osmani et Abdelmoumène Djabou. L'ESS, c'est également le foot magnifié par le cinoche, sur fond satire politique et sociale. C'est, en noir et blanc, en 1980, «Kahla ou Beida», le film du regretté Abderrahmène Bouguermouh.Et toujours, avec les Aigles noirs, le goût de la gloire.N. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noureddine Khelassi
Source : www.latribune-online.com