
L'appel à la sagesse lancé aux enseignants contractuels, avant-hier, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à partir de Constantine, n'est pas tombé dans des oreilles de sourds. Accrochés depuis plusieurs jours à une réponse du Premier ministre au sujet de leur revendication portant sur une intégration sans passer par le concours de recrutement, annoncé pour le 30 avril prochain, les enseignants contractuels sont maintenant, presque, fixés sur leur sort. Ils n'auront rien de plus que ce qui leur a été proposé comme « faveurs », à savoir la valorisation de l'expérience professionnelle (un point pour chaque année, à hauteur de 6 points) et la prolongation des contrats dans la même forme contractuelle en cas d'échec au concours. L'intégration sans concours est « impossible », donc, comme le précisait à chaque fois, ces derniers jours, la ministre de l'Education nationale, Mme Nouria Benghebrit, dont les positions ont été approuvées successivement par le ministre du Travail, le ministre de l'Intérieur et, finalement, par le Premier ministre, pour remplir le tableau. En marge d'une visite de travail dans la wilaya de Constantine, M. Sellal a souligné, dans ce sens, que la loi exige de passer par un concours de recrutement obéissant à la nécessité d'assurer l'égalité des chances pour tous, rappelant dans le même contexte la volonté du gouvernement à « donner la priorité à ces enseignants ». Sentant que le conflit commence à prendre une dimension inquiétante, vu la menace du ministre de l'Intérieur qui a averti que des mesures « fermes » seront prises dans le cadre de la préservation de l'ordre public « en cas de persistance du mouvement de protestation des enseignants contractuels à Boudouaou », ainsi que la tendance à la « politisation » du conflit par certaines parties, dont l'intervention dans ce conflit a été nuisible aux contractuels, ces derniers semblent mieux disposés au dialogue. L'intervention du Premier ministre n'aura été qu'une raison de plus pour tenter de trouver une issue au conflit sans trop de dégâts. Pour rappel, les manifestants qui observent une grève de la faim à Boudouaou depuis le 3 avril, avaient mandaté, il y a quatre jours, déjà, trois syndicats, en l'occurrence le Cnapeste, le CLA et le SNTE, pour négocier en leur nom une solution « équitable ». Une perche tendue, désespérée mais qui plaide clairement pour un dénouement du conflit dans le respect de la dignité des enseignants contractuels. Ainsi, si on y regarde de près, le règlement du dossier des contractuels n'est qu'une affaire de temps. Dans ce contexte, la demande des contractuels, portant mandatement des syndicats indiqués pour négocier en leur nom, a été officiellement déposée au bureau du Premier ministre, a-t-on appris auprès des manifestants. Le CLA, par la voix de son coordinateur national, Idir Achour, a confirmé le dépôt de la demande en question, ainsi que le chargé de la communication du Cnapeste. Confiants, nos deux interlocuteurs ont soutenu que « les syndicalistes ont la capacité de convaincre les deux parties pour aboutir à une solution », et que « l'espoir existe si l'on suit les voies du dialogue ». Reste, maintenant, à attendre la réponse du Premier ministre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com