
Des dizaines de nouveaux bacheliers non admis à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Constantine ont tenu, hier matin, un sit-in aux portes de cet établissement, transféré cette année à l'université Constantine 3.L'objectif de ce mouvement de protestation est de réclamer leur inscription au sein de l'école. L'une des étudiantes concernées, Noure Elhouda. Ch., a estimé que c'est l'anarchie totale et le bachelier est mal informé le jour des inscriptions. «Rien n'est clair. Au début des inscriptions, d'abord nous n'étions pas informés comment choisir la spécialité adéquate avec la moyenne obtenue au bac. Et quand nous choisissons une filière à l'aveuglette, dans l'espoir de faire le bon choix, nous sommes informés tardivement qu'on n'est pas admis», a déclaré notre interlocutrice.Elle a affirmé aussi avoir une moyenne de 15, et que l'ENS était parmi ses premiers choix. Mais, hélas, aucun de ses choix n'a été pris en considération. «J'ai été orientée vers une spécialité qui était parmi mes derniers choix. Je me demande sur quels critères les orientations ont été faites ' J'ai voulu choisir la filière langue et littérature françaises, car j'ai eu une bonne note en langue française au bac.Ma surprise était grande quand j'ai constaté que j'étais recalée, contrairement à d'autres qui ont été admis avec 12 et 13 de moyenne», a-t-elle fulminé en ajoutant que tout se fait par piston et que c'est flagrant. Nour El Houda et beaucoup de déçus et leurs parents ont insisté sur l'intervention de la tutelle, exigeant l'ouverture d'une enquête au sein des différents départements concernant les phénomènes «du piston, du copinage et la falsification des moyennes».Filière magiqueAfin d'avoir plus de précisions concernant ce problème, nous avons contacté par téléphone Azzouz Dilmi, directeur adjoint chargé des diplômes et des études de graduation. Ce dernier nous a expliqué que l'orientation se fait de manière réglementaire tout en respectant la circulaire n°1 du 3 mai 2015 concernant l'orientation des nouveaux bacheliers. Selon lui, les protestataires sont des bacheliers qui n'ont pas placé l'ENS comme premier choix, et faute d'avoir pu s'inscrire ailleurs, notamment en médecine et en architecture, ils reviennent à l'ENS.Mais ces jeunes en colère jurent qu'ils ont des moyennes supérieures à beaucoup d'autres inscrits à l'Ecole cette année ! Oui, observe notre source, qui précise cependant que dans les modalités d'inscription/admission, le paramètre du premier arrivé, premier inscrit est pris en compte. «Nous ne pouvons pas attendre septembre pour clôturer nos listes», nous explique M. Dilmi qui souligne que la moyenne exigée en juillet pour entrer à l'ENS (14,50) est revue à la baisse plus tard, pour combler les places vacantes et satisfaire la demande selon les capacités d'accueil.Des capacités qui ont augmenté sensiblement cette année (4500 places) grâce aux nouveaux locaux. Mais même avec ça, les inscrits ont dépassé, en 2015, la barre de 5000 étudiants, notamment à cause du nombre de nouveaux inscrits qui a atteint 2000 étudiants, soit trois fois le chiffre habituel. En effet, l'ENS a le vent en poupe depuis quelques années du fait de cette option garantit au diplômé un poste d'emploi dans les établissements d'enseignement. Une option qui est en train de faire la différence avec d'autres filières et motive davantage des bacheliers de plus en plus pragmatiques. «Des pharmaciens qui n'ont pas trouvé d'emploi ont repassé le bac et se sont inscrits à l'ENS pour être sûrs d'être embauchés», ajoute-t-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yousra Salem
Source : www.elwatan.com