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Enfants frustrés et adultes immobilisés La canicule fausse la fête à Constantine



Enfants frustrés et adultes immobilisés                                    La canicule fausse la fête à Constantine
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili

C'est dès potron-minet que les dards du soleil ont commencé à mitrailler la ville et sa périphérie. Immédiatement après la prière, les gens ont préféré regagner leurs domiciles d'autant plus que peu de cafés étaient ouverts pour la circonstance. Le relais est pris par les enfants qui commençaient à sortir mais sans s'aventurer à trop s'éloigner des cages d'escaliers des immeubles où ils logent parce qu'il y fait nettement plus frais.Du coup et à défaut de pouvoir déambuler à travers les artères et faire un choix sur un gadget à acheter, nombreux sont les filles et les garçons qui ont pris pour option d'aller casser la croûte chez des marchands de brochettes qui, miraculeusement, sont passés d'une douzaine qui avaient pignon sur rue dans la ville du Khroub à plus de trois cent. Des barbecues ont été sommairement installés à hauteur de tous les coins de rue, cours d'immeubles, rues principales et venelles adjacentes facilement repérables par la fumée et l'odeur incomparable dégagée par les viandes rouges ou blanches sur la braise.Nous passerons bien entendu sur la qualité hygiénique du produit proposé et plus particulièrement sur l'hygiène même de ces commerçants improvisés, paquet de chique dans la poche arrière de leur jean, puisant mains nues le charbon dans des sacs en papier posés sur le sol, crachant et souvent retirant leur dose de chique de dessous une lèvre pour s'essuyer les doigts sur l'objet rugueux le plus proche, saisissant une demi baguette de pain pour l'ouvrir en deux, y introduire les doigts d'une main et en retirer la mie, en enduire l'intérieur d'une dose de piquant (harissa) diluée avec de l'eau et'servir.Comme les marchands de brochettes, les niches à ordures ont proliféré durant le mois de Ramadhan et jusqu'en début d'après-midi n'étaient toujours pas débarrassées. En consacrant l'argent dont ils disposaient à un sandwich douteux, les enfants ont délaissés les étals, tout autant improvisés, de jouets en plastique évidemment et en majeure partie composés de copies d'armes de guerre sophistiquées comme ils (les enfants) ont pris l'habitude d'en voir à la télévision ou les jeux vidéo. Mais ce ne sont pas seulement ces marchands éphémères de jouets qui auront pâti du choix pour une nouvelle «passion» qui est celle d'imiter les adultes en allant bouffer debout devant un barbecue, mais également les gérants d'espaces de jeux ou sortes de foires foraines qui n'ont que très peu fonctionné en raison du nombre plutôt restreint de la clientèle.A partir de 11 heures du matin, les rues étaient à nouveau désertes, le soleil contraignant alors même les adultes à éviter les déplacements habituels comme ceux qui consistent à aller rendre visite au reste de la famille ou à se rendre dans les cimetières pour se recueillir sur les tombes de proches.
Au deuxième jour, comme d'habitude en pareil période, rares sont les commerces qui ont rouvert leurs portes, malgré les engagements pris par l'Ugcaa, dont le plus gros des troupes est constitué de boulangers. Inexistante a été l'activité de ces derniers. Ce qui, somme toute, n'est pas étonnant dans la mesure où l'unité étatique de production de lait a également brillé par son absence. Aux premières heures de la journée, le soleil toujours accablant justifie le déplacement de bandes de jeunes vers la côte. Ce n'est certainement pas en ce deuxième jour de l'Aïd que la vie «normale» va reprendre son cours.Morale : le Ramadhan cru 2012 n'aura valu que par l'ambiance des soirées qui ne prenaient fin qu'aux premières lueurs de l'aube et l'Aïd, en raison de la canicule, s'est particularisé par des rues désertes.
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