Constantine - A la une

Emotion collective



Emotion collective
Scandalisées et révoltées par l'ignoble assassinat des deux enfants, la semaine dernière, à Constantine, de nombreuses personnes ont demandé le rétablissement de la peine de mort que les autorités algériennes ont suspendue depuis 1993. Une revendication appuyée par des organisations sociales et la mouvance islamiste en berne depuis sa débâcle aux dernières élections locales et législatives. Ni le vent de la contestation des chômeurs au Sud ni les scandales de corruption qui éclaboussent le régime, n'ont donné un ancrage au discours islamiste. Mais l'idée de revenir à la loi du talion les a fait frémir. Il serait grave, sous le coup d'une émotion collective, de faire la part belle aux islamistes et il serait plus grave encore de laisser une question aussi sensible à l'appréciation de la rue. Le traitement médiatique réservé à ce drame et les débats qui l'ont accompagné, traduisent d'une manière frappante le vide sidéral qui caractérise le débat public. A défaut d'un référendum, le débat sur la peine de mort doit d'abord concerner les hommes de loi, les juristes et les organisations de défense des droits de l'enfant et des droits de l'homme. Lesquels doivent agir sur la base des recommandations qui seraient faites par les psychologues, les sociologues et les services de sécurité. La peine de mort dissuade peut-être les criminels, mais elle n'a jamais empêché le crime. Défendant bec et ongles l'abolition de la peine de mort, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (Laddh) ne cède pas sur la question. Cette organisation donne ainsi un autre son de cloche pour nous rappeler qu'il faut d'abord débattre avant de trancher dans le vif et que cette raison toute puissante, dictée par l'émotion, n'est que déraison. Le remède serait plutôt un traitement, à la racine, des causes engendrées par la terrible frustration sexuelle entre autres et l'état de déliquescence de la société algérienne. Se basant sur les rapports des services de sécurité, le communiqué du conseil interministériel, tenu le 17 mars dernier, a révélé que la majorité des cas d'enlèvement d'enfants ont des mobiles sexuels et que les auteurs de ces crimes, agissent sous l'effet de la drogue. Comment, en effet, passer sous silence le manque flagrant de loisirs et de lieux de détente' Comment ne pas s'alarmer quand l'Algérie est en passe de devenir un pays qui consomme autant de pomme de terre que de drogue' L'Algérie a appris qu'il faut faire le curage des voiries après les graves inondations d'octobre 2001 à Bab El Oued, elle n'a pas compris que les constructions doivent répondre aux strictes normes parasismiques après le séisme meurtrier de 2003 à Boumerdès. Quelle leçon doit nous instruire le drame de Constantine'
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