Signe d'un désordre inouï, mais aussi d'une grave crise d'eau qui n'arrête pas de sévir d'une manière quasi quotidienne en n'épargnant aucun quartier de la ville, El-Milia est devenue un immense champ d'anarchie où les tracteurs font leur loi à l'intérieur de tout l'espace urbain, pour venir, comble de la dérision, en aide à une population en mal d'eau. La tradition est ainsi devenue un réflexe quotidien qui fait que pour s'alimenter en eau potable, il faut attendre le passage des tracteurs. Au fil du temps, ces engins utilisés, comble de l'ironie, pour labourer les champs, sont devenus l'unique recours des citoyens pour espérer triompher de quelques jerricans d'eau, en l'absence d'une solution qui peut mettre un terme à cette incurie. Les services concernés donnent l'air d'avoir renoncé à leur vocation et les citoyens s'accrochent aux tracteurs pour boire. Profitant de cette situation de crise, les esprits mercantiles ont vite sauté sur l'occasion pour investir un terrain laissé libre par l'ADE pour s'occuper de la distribution d'eau par des tracteurs-citernes qui ne cessent, depuis une décennie, d'augmenter en nombre pour atteindre le chiffre de quelque 80 engins de ce type. Sillonnant quotidiennement, dans un va-et-vient digne des grandes confusions l'ensemble des quartiers de la ville, non sans encombrer le centre-ville, pour vendre l'eau à une population qui a appris à les guetter pour s'abreuver, ces derniers sont ainsi devenus le parfait témoin d'une situation de décadence. Désormais, aucun des habitants de cette ville ne peut se passer des services de ces tracteurs lesquels s'approvisionnent, sans contrôle, en eau d'un puits appelé par un doux euphémisme « la source d'ANNESAY» «Anessay » pour la proposer à des clients, toujours plus nombreux, à raison de 0,75 dinar le litre. Quant à l'eau de ces tracteurs, dont le goût reste toutefois apprécié par rapport à celle distribuée par l'ADE, qui demeure en question, pour certains, par rapport aux critères exigés pour qu'elle soit consommée sans risque. Ceci dit, et face à la grave crise qui empoisonne la vie du commun des citoyens de cette ville, cette qualité est loin d'être le souci d'une population plus que jamais livrée à ses propres réflexes pour survivre et subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Autant dire que l'histoire de cette crise est maintenant devenue une source de profit pour les propriétaires de ces tracteurs qui, en l'absence d'un quelconque ordre dans le commerce qu'ils ont inventé, usent et abusent de leurs engins qui bloquent le plus souvent la circulation à l'intérieur d'une ville déjà encombrée. Sur le tronçon routier qu'ils empruntent sur la RN 27 entre la ville et la fameuse source d'ANESSAY «Anessa », ces tracteurs avec leurs citernes sont encore un fardeau de plus pour la circulation déjà gênée par un trafic routier des plus denses en direction des wilayas de Mila et Constantine.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com