Constantine - Revue de Presse

El-Méridj Un «boum» qui n'a pas tenu ses promesses



El-Méridj, une bourgade de montagne sur la route de Benbadis, à peinedistante de 8 kilomètres de Constantine, après un début de croissance dans lesannées 1990, connaît depuis quelque temps une régression spectaculaire, alors queles facteurs qui étaient à la base d'une amorce de développement demeurentintacts.Cette bourgade à vocation essentiellement agricole, de quelque 3000 âmeset relevant de la commune d'El-Khroub, a subi depuis trois décennies demultiples réorganisations, passant de centre de regroupement à un statut dedomaine autogéré, puis de coopérative de la révolution agraire, qui ont donné àleur tour huit EAC et dix EAI. Le tout s'est fait en démantelant la grosse exploitation,au profit de petites unités, dont certaines ne seront pas viables, en l'absenced'investissements destinés à intensifier et diversifier les productions surprès de 3000 hectares de terres riches et profondes. Pourtant cet ensemble abénéficié de projets de nature à « l'accrocher au train de la croissance »,puisque dès les années 1990, l'on compte pas moins de 5 retenues collinairessur l'Oued Defla, pour irriguer une vallée alluviale de plus de 200 hectares,pouvant recevoir des cultures intensives notamment la production de pommes deterre. Malheureusement, ces terres hautement productives sont annuellementlouées par les attributaires à des maraîchers venant de Tedjnanet et même del'Ouest du pays, qui agissent en prédateurs sans souci de préserver le capitalsol et sans ménagement pour les infrastructures et les aménagements. Résultat : les sols s'appauvrissent, se dégradent et les retenuescollinaires s'envasent faute de travaux d'entretien, tandis que leurs bergess'affaissent, faute de préservation notamment par la plantation d'arbres pourlutter contre l'érosion. «Ce qui aurait dû être fait depuis des années »,disent les attributaires de ces terres devenus de simples loueurs de ces bienset ce n'est pas les locataires d'une année qui prennent en considération lapréservation de ce patrimoine inestimable. Un certain moment l'on a cru quecette contrée allait vraiment décoller, avec le développement de l'avicultureet ce, grâce à des investissements de l'Etat financés sur PCD, dont plus de dixexploitations devaient en bénéficier. Dans le même temps et jusqu'au début des années 2000, d'autresinvestissements collectifs vinrent se greffer sur cette amorce de développementavicole. En effet, la COOPAVI de Constantine installa un abattoir avicole de10.000 têtes/heure, ainsi qu'un incubateur et s'apprêtait à lancer laproduction de poulettes démarrées, le tout devant faire de cette zone un centrede développement avicole important. Aux dizaines d'emplois créés parl'aviculture devaient s'ajouter une main-d'oeuvre spécialisée dans lesacouvoirs, l'abattoir et les incubateurs exploités par la COOPAVI.Malheureusement, la Coopérative avicole mise en faillite, toutes sesinfrastructures mirent « la clé sous le paillasson et les travailleurs furent réduitsau chômage ». Actuellement, la zone du Méridj qui pourtant ne manque pasd'atouts, a fait la preuve que tout investissement, qui ne s'accompagne pasd'un suivi permanent, finit par s'essouffler et ne rien donner de bon. Ici,nous dit-on l'encadrement humain a fait défaut et les promesses de croissance àmoyen terme ont tourné court.
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