Constantine - Revue de Presse

El-Gammas, un quartier pas comme les autres



S'il y a un site d'habitations improbables, parmi la vaste ceinture de bidonvilles, enserrant jusqu'à l'étouffement le maigre tissu urbain de Constantine, qui cumule à l'évidence beaucoup de fatalités négatives, c'est à ne pas douter la cité El-Gammas, plantée là depuis des lustres, en équilibre instable et à flanc de colline, à la périphérie Est de la ville. Les intempéries de ces derniers jours, noyant durablement, pour rappel, dans leurs flots tumultueux de nombreux quartiers de la ville qui n'ont jamais aussi bien porté leurs noms, de Oued El-Had à Oued Boumerzoug en passant par la cité Benchergui, avec plus d'une trentaine de familles évacuées, ont participé, hélas, plus que partout ailleurs à la mise à nu des opérations de réhabilitation menées, à grands frais, jusque-là, notamment la réfection des routes, du réseau d'AEP et des canalisations d'évacuation des eaux pluviales. Le fait surprenant est que, comme le vernis sur l'ongle, le bitumage refait à neuf (le fameux tapis de goudron) des principales artères et boulevards de la cité est vite parti sous la poussée de fortes pluies et la chaussée s'est effondrée par endroits, avec en prime des fossés inondés et des nids-de-poule, aptes à avaler un tracteur, labours abandonnés par un énième chantier fantôme. L'accès à El-Gammas relève depuis du «rallye-raid» sur toute la voie principale et jusqu'au terminus qu'empruntent quotidiennement les automobilistes, majoritairement, des taxis clandestins et surtout les bus de l'ETC ou autres, avec pour sanction immédiate l'enclavement décrété de la cité, devenue de ce fait une destination à hauts risques pour les transporteurs. L'impopularité de ce quartier déshérité, longtemps liée aux problèmes d'insécurité qui y ont toujours prévalu, et pour cause, bien ancrée dans l'imaginaire des Constantinois ne risque pas de s'améliorer aujourd'hui avec les images apocalyptiques que l'on a pu constater sur place et dont la plus étonnante est cet amoncellement, sur la place principale, d'une montagne de boue, de roches, de cailloux et d'arbres arrachés drainés là par les fortes inondations de la semaine dernière. De cause à effet, les conditions d'hygiène se sont bien sûr vite détériorées dans une cité réputée pour l'insalubrité endémique de son cadre de vie. Sur ce registre et pour rappel, il faut souligner une équation encore irrésolue dans le quartier d'El-Gammas, c'est bien sûr le très grave problème de santé publique dont sont victimes les habitants des chalets, lié à la présence de l'amiante dans le procédé de construction de leurs logements intégrant un isolant, fabriqué à base de cette matière. Dans le cas d'El-Gammas, en dépit des démarches et des appels au secours des locataires de ces chalets, les opérations de désamiantage n'ont jamais été initiées par les autorités compétentes, livrant à leur sort des familles entières, obligées de vivre des décennies durant, et jusqu'au jour d'aujourd'hui, dans la proximité d'un environnement contaminé par cette matière hautement cancérigène. A la vérité, sans préjudice des chantiers de réhabilitation à venir, un chantier chassant l'autre, à la cité El-Gammas où se concentrent toutes les fatalités négatives, familières à tous les lotissements de ce genre, ces «colliers de verrues» à la périphérie des grandes villes du pays, le seul programme, arraché de haute lutte - entre routes barrées et pneus brûlés -, qui vaille la peine d'être citée, c'est bien assurément, affirment certains habitants du quartier, le raccordement au gaz naturel... en 2003 !
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