
Trois ministres, un consortium japonais et un tunnel qui s'effondre, un groupement algérien et un contournement qui piétine et pour boucler la boucle, un arbitrage international et une enquête qui s'éternise.Le tronçon de Djebel Ouahch, de l'autoroute Est-Ouest, est un épuisant feuilleton à rebondissements ! Quinze mois après l'effondrement du fameux tunnel T1, le 1er janvier 2014, aucune information, ni aucune conclusion n'ont filtré au sujet de la commission d'enquête mise en place à l'époque. La partie algérienne est visiblement dans l'embarras, d'autant que le japonais Cojaal semble disposer d'arguments techniques solides, d'où son recours à un arbitrage international, consécutivement à la résiliation de son contrat. En refusant de rendre publiques les conclusions de la commission d'enquête, le ministère cacherait-il des manquements de la partie algérienne, notamment en ce qui concerne la nature glissante du terrain ' L'Agence nationale des autoroutes (ANA) a-t-elle imposé une variante technique inadaptée aux Japonais pour venir à bout du glissement de terrain ' Une chose est sûre, Cojaal ne peut endosser à lui seul la faillite du tronçon Djebel Ouahch. Tout comme d'ailleurs le groupement algérien qui s'attelle à réaliser le contournement en question. L'ENGOA, l'entreprise qui pilote le groupement, fait face elle aussi à des contraintes techniques liées à la nature du terrain.Le ministre Kadi a pourtant exhorté le groupement algérien à «confirmer la stabilité du sol par une ultime étude d'expertise par ses bureaux d'étude pour éviter d'éventuels problèmes de glissement de terrain inhérents à la présence d'eau». Autant dire que ce n'est pas demain la veille que l'ENGOA et consorts vont livrer ce contournement de 13 km. Rattraper un retard considérable, consolider les travaux et expertiser le terrain en même temps, voilà en quoi se résume la mission algérienne. Une tâche considérable qui impactera bien entendu la date de réception officiellement fixée à juin. D'autant que le taux d'avancement des travaux est à peine de 40% ! L'histoire retiendra, enfin, que trois ministres de l'Etat algérien, Amar Ghoul, Farouk Chiali et puis Abdelkader Kadi ont été «terrassés» par cet ogre qu'est devenu le tronçon de Djebel Ouahch.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lydia Rahmani
Source : www.elwatan.com